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Méditation sur Saint Joseph

Publiée le 19-03-2020

La perplexité de Joseph

     Parvenus à la mi-Carême, nous célébrons aujourd’hui la solennité de saint Joseph, l’Epoux de la Vierge Marie. Si les évangélistes n’ont recueilli aucune parole de lui, il n’en a pas moins une importance primordiale dans l’histoire du Salut. C’est lui que Dieu a choisi pour assumer, sur la terre, sa propre paternité auprès de son Fils bien-aimé. Jésus, qui n’a qu’un Père, qui est aux Cieux, a appelé Joseph, son père adoptif : « abba », ce qui veut dire « papa », en araméen, ce vocable qu’il réservera précisément à Dieu son Père, dans la prière de son agonie à Gethsémani.

Joseph est honoré comme le gardien de la Sainte Famille et le père nourricier de Jésus : et à ce titre, nous lui confions tous nos soucis de famille, de santé et de travail. De même que Marie est la Mère de l’Eglise, il est le Protecteur de l’Eglise, et nous lui confions les souffrances de l’Eglise qui traverse tant de turbulences externes, les persécutions, et internes, les scandales sans doute qui souillent son visage, mais aussi le climat de confusion morale et doctrinale que nous pouvons connaître ici et là et qui troublent tant de fidèles. Nous lui confions très spécialement aujourd’hui le Pape François, qui a inauguré précisément son ministère pétrinien de Chef de l’Eglise universelle, le 19 mars 2013. La tradition veut que Joseph se soit endormi dans la mort à Nazareth, dans sa maison, entouré de Jésus et de Marie : quel privilège ! Nous pensons aujourd’hui à toutes les victimes de l’épidémie du Covid-19, condamnés à mourir à l’hôpital, entourés de soins admirables, mais séparés de leurs familles. Nous les confions avec ferveur à saint Joseph, vénéré comme le patron de la bonne mort : nous lui demandons pour eux une assistance spéciale de Jésus et de Marie à l’heure de la mort.

L’évangile que nous venons d’entendre nous rapporte la perplexité de Joseph, lorsqu’il découvre sa virginale épouse enceinte, à son retour d’Ain Karim où elle est allée visiter sa vieille cousine Elisabeth : l’évangéliste précise en effet que c’était « avant qu’ils aient habité ensemble » (Mt 1, 18). Je veux croire que pas un instant il n’a douté de l’intégrité de Marie : n’est-il pas bien placé pour connaître la pureté de son c½ur et son propos de demeurer Vierge, comme elle l’a déclaré devant l’Ange Gabriel au jour de l’Annonciation ? Si l’idée de l’adultère l’avait effleuré, il aurait dû la répudier publiquement, comme la Loi de Moïse lui en intimait l’ordre, et l’évangéliste précise qu’il était « un homme juste » (Mt 1, 19). Dans l’AT, est déclaré Juste, en effet, celui qui obéit scrupuleusement à la Loi. Mais il avait formé le projet de la renvoyer en secret. Je veux croire que, sans comprendre ce qui arrivait, il devinait que cette maternité mystérieuse portait la marque de Dieu et il se sentait si indigne d’un tel dessein ! On l’imagine se retournant sur sa couche, perplexe, ne sachant pas comment trancher vraiment. Ce qui est sûr, c’est qu’il prie dans le silence de la nuit, demande au Seigneur ses lumières, confronte son épreuve à la Parole de Dieu : les justes sont aussi ceux qui scrutent avec attention les Saintes Ecritures. La preuve, c’est que l’Evangéliste ajoutera aussitôt : « Tout cela est arrivé pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète Isaïe : voici que la Vierge enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : Dieu avec nous » (Mt 1, 22-23). C’est l’Ange du Seigneur qui vient le délivrer de sa perplexité et qui laisse même entendre que c’est dans cette direction que penchait le c½ur de Joseph : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint » (Mt 1, 20). Alors, retrouvant la plénitude de ses moyens, il assumera avec promptitude ses responsabilités : « Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit » (Mt 1, 24).

Quelle leçon pour nous qui pouvons bien être plongés dans la perplexité devant la catastrophe sanitaire qui s’est abattue sur nous. Nous avons été tellement surpris par l’ampleur de cette pandémie. Que dire ? Que penser ? Et si nous demandions à Joseph, la capacité de puiser dans les ressources de notre vie intérieure ; si nous lui demandions de nous apprendre à scruter la Parole de Dieu pour que le Seigneur vienne nous éclairer sur le sens qu’il donne lui-même aux événements que nous vivons et sur le chemin de lumière et de salut qu’il nous réserve ? En ce Carême, nous fixons nos yeux sur la Croix de Jésus, où il a pris sur lui toutes nos souffrances. Mais Jésus nous a donné le sens de la Croix : c’est la Résurrection, l’achèvement même des Mystères du Salut dont Dieu a confié la garde à Joseph. Demandons-lui la grâce d’entrer dans l’espérance !

 

Mgr Aillet

19 mars 2020

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