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La crise révèle que nos sociétés, sans le savoir, souffrent profondément d’un mal spirituel

Publiée le 19-05-2020

Cardinal Sarah. Extrait d'une tribune parue dans le Figaro le 19 mai 2020

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     "L’épidémie a frappé les sociétés occidentales au point le plus vulnérable. Celles-ci avaient été organisées pour nier la mort, la cacher, l’ignorer. Elle est rentrée par la grande porte! Qui n’a vu ces morgues géantes à Bergame ou à Madrid? Voilà les images d’une société qui promettait il y a peu un homme augmenté et immortel….

   

     Face à la mort, il n’est aucune réponse humaine qui tienne. Seule l’espérance d’une vie éternelle permet de surmonter le scandale. Mais quel homme osera prêcher l’espérance? Il faut la parole révélée de Dieu pour oser croire en une vie sans fin. Il faut une parole de foi pour oser l’espérer pour soi et les siens. L’Église catholique se voit donc reconduite à sa responsabilité première. Le monde attend d’elle une parole de foi qui lui permette de surmonter le traumatisme de ce face-à-face avec la mort qu’il vient de vivre. Sans une parole claire de foi et d’espérance, le monde peut sombrer dans une culpabilité morbide ou dans une rage impuissante face à l’absurdité de sa condition. Elle seule peut lui permettre de donner sens à ces décès de personnes aimées, mortes dans la solitude et enterrées à la va-vite.

 

    ... Mais alors, l’Église doit changer. Elle doit cesser d’avoir peur de choquer et d’être à contre-courant. Elle doit renoncer à se penser comme une institution du monde. Elle doit revenir à son unique raison d’être: la foi. L’Église est là pour annoncer que Jésus a vaincu la mort par sa résurrection. C’est le c½ur de son message. «Si le Christ n’est pas ressuscité, notre prédication est vaine, notre foi est trompeuse et nous sommes les plus misérables de tous les hommes.» (1 Corinthiens 15, 14-19). Tout le reste n’en est qu’une conséquence.

     Nos sociétés sortiront fragilisées de cette crise. Elles auront besoin de psychologues pour surmonter le traumatisme de n’avoir pas pu accompagner les plus anciens et les mourants dans leur tombeau mais elles auront plus encore besoin de prêtres qui leur apprennent à prier et à espérer. La crise révèle que nos sociétés, sans le savoir, souffrent profondément d’un mal spirituel: elles ne savent pas donner un sens à la souffrance, à la finitude et à la mort."

 

 

 

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