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Comment l'Église peut accroitre le respect de la Vie...

Publiée le 04-06-2011

     La nativité est la manifestation publique du mystère de l'Incarnation, au peuple élu par l'annonce aux bergers puis au monde entier par la visite des Mages. Mais le mystère de l'Incarnation s'est en fait joué 9 mois plus tôt, dans l'intimité de l'Annonciation.

     À l'Annonciation, Gabriel n'a pas fourni beaucoup d'explications à la servante du Seigneur à laquelle un fiat total est demandé. À la question « comment cela sera-t-il, puisque je ne connais pas d'homme? », l'ange répond à Marie que le fait qu'elle n'en connaisse pas est sans importance puisque tout cela est l'affaire de Dieu, "l'Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre » (Lc 1,35). S'il lui fait part du contenu de la promesse, « … tu concevras dans ton ventre, et tu enfanteras un fils… » (Lc 1,31), rien n'est dit sur le moment de sa réalisation : dans un jour, dans un an, dans dix ans, aucune précision ne lui est fournie. Fiat.

Mais Marie est tournée vers les autres ; ayant appris que sa cousine Élisabeth est enceinte de presque 6 mois, elle part pour l'aider, « en hâte » comme l'évangéliste juge bon de le préciser (Lc 1.39). Elle part donc sans doute un ou deux jours après l'annonce de l'ange pour Aïn Karem (Ein Karem) où habitent Élisabeth et Zacharie. Pour la jeune femme de 16 ou 17 ans qu'est Marie, à une époque où la marche à pied ne faisait pas peur, couvrir les 146 km qui séparent les deux villes (Google maps) a dû prendre une petite semaine.
Ainsi, quand elle arrive chez Élisabeth, moins de 10 jours après l'Annonciation, Marie n'a encore aucun signe de grossesse, elle n'a aucun moyen de savoir qu'elle attend déjà un bébé, le Sauveur. Pourtant Élisabeth est formelle et, parce que « l'enfant a tressailli d'allégresse en son sein » (Lc 1,44), elle salue Marie comme « la mère de son Seigneur » (Lc 1,43) ; elle ne la salue pas comme une « future mère », mais comme une « déjà mère ». La présence du sauveur est ainsi affirmée de manière forte par Jean-Baptiste et Élisabeth qui révèlent ainsi cette présence à Marie : celle-ci prend conscience de son état et remercie Dieu par son magnificat (Lc 1,46-56). Ce n'est pas à l'Annonciation qu'elle a loué Dieu de la réalisation de la promesse faite à Israël, c'est à la Visitation.
D'abord mystère connu de Dieu seul pendant quelques jours, l'Incarnation est ensuite révélée au monde au travers du plus grand des prophètes, Jean-Baptiste, qui transmet cette bonne nouvelle à deux femmes, Élisabeth et Marie, médiatrices de la vie comme le sont toutes les femme par nature. Dans ce récit, le personnage omniprésent, le Sauveur, est le seul à ne pas se manifester matériellement et pour cause, puisqu'il n'est encore qu'un tout jeune embryon au stade morula ou jeune blastocyste, mais il est indiscutablement considéré comme une personne par tous les autres protagonistes.
Pourquoi l'Église ne ferait-elle pas du 25 mars une fête dite « d'obligation » avec ce jour là une lecture de l'ensemble des deux récits ? En effet une mise en valeur vigoureuse de l'Incarnation, par une célébration plus solennelle de l'Annonciation-Visitation par l'Église, permettrait d'augmenter très naturellement, voire instinctivement, le respect dû à la vie débutante (Jésus-embryon, Jean-Baptiste-fœtus) en développant une culture de vie chère à nos papes.

 

Article paru dans l'Evangile de la Vie du 13 mai 2011

Ce texte a été écrit à la suite de nombreuses méditations faites sur ce sujet par le Professeur Jérôme Lejeune et les docteurs Henri Lafont et Henri Bléhaut.

 

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