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Gender : cible principale la destruction totale du mariage et de la famille

Publiée le 21-03-2015

Le cardinal Caffarra, archevêque de Bologne, est l’un des cinq cardinaux qui ont répondu au cardinal Kasper dans le livre Rester dans la vérité du Christ. Il a donné le 12 mars une conférence sur le mariage et  la famille, à l’Université Pontificale de la Sainte-Croix. En voici des extraits :

Unknown-16"[...] L’édifice du mariage n’a pas été détruit ; il a été déconstruit, démonté morceau par morceau. À la fin, nous avons tous les morceaux, mais il n’y a plus d’édifice. Toutes les catégories qui constituent l’institution matrimoniale – conjugalité ; paternité-maternité ; filiation-fraternité – existent encore, mais elles n’ont plus une signification univoque. Pourquoi et comment cette déconstruction a-t-elle pu se produire ? Si nous commençons à descendre en profondeur, nous constatons qu’est en train de se réaliser une institutionnalisation du mariage qui fait abstraction de la détermination bio-sexuelle de l’être humain. Il est de plus en plus possible de concevoir un mariage totalement séparé de la sexualité propre de chacun des deux époux. Cette séparation va jusqu’à impliquer une autre catégorie, celle de la paternité-maternité elle-même. La conséquence la plus importante de cette débiologisation du mariage est que celui-ci est réduit à être une simple émotion privée, qui n’a plus une importance publique fondamentale. [...]

La situation dans laquelle se trouvent actuellement le mariage et la famille ne peut pas être traitée en premier lieu par des exhortations morales. C’est une question radicalement anthropologique que celle qui est posée à l’annonce de l’Évangile du mariage. [...]

L’Église doit se demander pourquoi elle s’est comportée, de fait, comme si le magistère de saint Jean-Paul II à propos de la sexualité et de l’amour humain n’existait pas. Nous devons aussi nous poser une autre question : comment et pourquoi l’Église, qui possède une grande école où elle apprend la vérité profonde du corps-individu - la liturgie – n’a pas su en tirer profit également en ce qui concerne la question anthropologique dont nous sommes en train de parler ? Jusqu’à quel point l’Église a-t-elle conscience du fait que la théorie du "gender" est un véritable tsunami, qui a pour cible principale non pas le comportement des individus, mais la destruction totale du mariage et de la famille ?

[...] Il y a trois modalités qu’il faut éviter.

La modalité traditionaliste, qui confond une manière particulière d’être une famille avec la famille et le mariage comme tels.

La modalité catacombale, qui choisit de retourner dans les catacombes ou d’y rester. Concrètement : les vertus “privées des époux” sont suffisantes ; il est préférable d’accepter que le mariage, du point de vue institutionnel, soit défini par ce que décide la société libérale.

La modalité conciliante, qui considère que la culture dont j’ai parlé précédemment est un processus historique qu’il est impossible d’arrêter. Elle propose donc de trouver avec celui-ci des compromis et d’en conserver ce qui semble pouvoir être reconnu comme bon.

Je n’ai pas le temps en ce moment de réfléchir plus longuement à chacune de ces trois modalités. Je vais donc indiquer maintenant quelques modalités positives.

Je pars d’une constatation. La reconstruction de la conception chrétienne du mariage dans la conscience de chaque individu et dans la culture occidentale doit être envisagée comme un processus long et difficile. Lorsqu’une pandémie s’abat sur une population, la première urgence est certainement de soigner ceux qui ont été atteints, mais il est également nécessaire d’éliminer les causes. La première nécessité, dans ce cas, est de redécouvrir les évidences originelles concernant le mariage et la famille. Débarrasser les yeux du cœur de la cataracte des idéologies, qui nous empêchent de voir la réalité. C’est la pédagogie socratico-augustinienne du maître intérieur, pas simplement celle du consensus. C’est-à-dire : retrouver ce “connais-toi toi-même” qui a accompagné le cheminement spirituel de l’Occident. Les évidences originelles sont inscrites dans la nature même de l’être humain. La vérité du mariage n’est pas une "lex exterius data", mais une "veritas indita".

La deuxième nécessité est de redécouvrir que le mariage naturel et le mariage-sacrement coïncident l’un avec l’autre. S’ils sont séparés l’un de l’autre, d’une part on finit par considérer la sacramentalité comme quelque chose d’ajouté, d’extrinsèque, et d’autre part on risque d’abandonner l’institution matrimoniale à cette tyrannie de l’artificiel dont j’ai parlé tout à l’heure.

La troisième nécessité est de reprendre la “théologie du corps” qui est présente dans le magistère de saint Jean-Paul II. Le pédagogue chrétien a besoin, aujourd’hui, d’un travail théologique et philosophique qui ne peut plus être remis à plus tard, ni limité à une institution particulière. 

Comme vous pouvez le constater, il s’agit de prendre au sérieux cette supériorité du temps sur l’espace dont il est question dans "Evangelii gaudium" (222-225). J’ai indiqué trois processus plutôt que trois interventions d’urgence.

En fin de compte je suis, moi aussi, de l’avis de George Weigel, pour qui, à la base des discussions du synode, il y a le rapport que l’Église veut avoir avec la postmodernité, dans laquelle les éléments qui sont le reste de la déconstruction du mariage constituent la réalité la plus dramatique et la plus indiscutable."

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