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Tout enfant nouveau-né porte sur son visage l’interdit de tuer et un appel à la tendresse

Publiée le 15-12-2015

Message de Noël de Mgr de Germay

"Comme un rayon de lumière dans l’obscurité, Noël est une invitation à ne pas rester dans la torpeur provoquée par l’actualité de ces dernières semaines. Face au sentiment d’impuissance devant la montée du radicalisme islamique, la crise des migrants ou la dégradation de l’environnement, la naissance de l’Enfant-Dieu ouvre nos cœurs à l’espérance. N’hésitons pas à prendre du temps pour le contempler dans la pauvreté de la crèche.

Tout enfant nouveau-né porte sur son visage l’interdit de tuer et un appel à la tendresse. Mais cet enfant-là porte en lui un mystère infiniment plus grand. C’est pourquoi les circonstances concrètes de son existence orientent nos regards vers le monde de Dieu et jettent sur nos propres vies une lumière divine.

Tout enfant nouveau-né porte sur son visage l’interdit de tuer et un appel à la tendresse

Obligé de naitre dans une étable parce qu’il n’y avait pas de place pour lui et ses parents dans la salle commune, il annonçait déjà ce qu’écrira saint Jean : « il est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas reçu » (Jn 1,11), nous invitant à nous interroger sur nos peurs de la différence et sur l’accueil que nous réservons aux étrangers. Objet du désir meurtrier d’Hérode, ce petit enfant sans défense et déposé dans une mangeoire – parfois représentée sous la forme d’un tombeau – annonce qu’il vient contester nos désirs de domination et guérir notre propension à la violence en se donnant en nourriture et en prenant sur lui le poids de nos péchés. Déjà à Noël la Miséricorde divine se laisse contempler.

Faisons donc de ce Noël un Noël de Miséricorde. Ne nous laissons pas prendre par la tentation de célébrer les divinités païennes de la consommation, de la superficialité ou de l’indifférence. Profitons de cette fête liturgique pour accueillir ce Dieu qui s’invite chez nous sans s’imposer ; faisons de notre cœur une crèche ; laissons-nous toucher par la proximité et la faiblesse désarmante de ce nouveau-né qui veut nous engendrer à une vie nouvelle.

Reconnaissons notre difficulté à poser un regard de miséricorde sur les autres, à les aimer tels qu’ils sont, à nous laisser déranger par eux, en particulier par les plus pauvres. Reconnaissons cette part de violence qui est en nous et notre difficulté à résister aux assauts du diviseur. Tant que nous sommes dans l’illusion que le mal n’est que chez les autres, tant que nous demeurons dans l’autojustification, nous ne pouvons pas accueillir Celui qui vient nous transformer. En revanche, la reconnaissance de notre pauvreté devient une crèche capable d’accueillir la Miséricorde. Ainsi remonte à la surface de nos vies ce désir si profond de nous aimer les uns les autres comme Dieu nous aime.

Noël approche ; l’heure est à la tendresse et à la Miséricorde

Noël approche ; mais en réalité ce n’est pas Noël qui approche, c’est Dieu lui-même. Il est donc temps de se demander ce que nous allons faire concrètement pour l’accueillir. Et si nous nous décidions à aller à la rencontre des pauvres et des exclus ? Et si nous nous décidions à nous pardonner et à nous réconcilier ? Noël approche ; l’heure est à la tendresse.

 

+ Olivier de Germay, Evêque d’Ajaccio

 

 

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