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Le Pape aux séminaristes : un comportement cohérent dépend de la Grâce et de l'usage de la liberté

Publiée le 12-03-2011

     Extraits de la Lectio Divina de Benoit XVI  avec les séminaristes du diocèse de Rome, pour la traditionnelle fête de Notre-Dame de la Confiance (Madonna della Fiducia), célébrée chaque année, juste avant l'entrée en carême. Cette année, vendredi 4 mars

- Le comportement des chrétiens est la conséquence du don, la réalisation de ce qui nous est donné chaque jour. Toutefois, s'il est simplement la réalisation du don qui nous est donné, il ne s'agit pas d'un effet automatique, car avec Dieu nous sommes toujours dans la réalité de la liberté et donc — étant donné que la réponse, également la réalisation du don est liberté — l'apôtre doit le rappeler, ne peut pas le considérer comme évident. Le Baptême, nous le savons, ne produit pas automatiquement une vie cohérente: celle-ci est le fruit de la volonté et de l'engagement persévérant de collaborer avec le don, avec la Grâce reçue. Et cet engagement n'est pas gratuit, il y a un prix à payer en personne
.

- C'est l'humilité qu'il faut apprendre, l'humilité de Dieu. Cela veut dire que nous devons nous voir toujours à la lumière de Dieu; ainsi, dans le même temps, nous pouvons connaître la grandeur d'être une personne aimée de Dieu, mais aussi notre petitesse, notre pauvreté, et ainsi, nous comporter de manière juste, non comme des maîtres, mais comme des serviteurs. Comme le dit saint Paul: «Ce n'est pas que nous entendions régenter votre foi. Non, nous contribuons à votre joie» (2 Co 1, 24). Etre prêtre, plus encore qu'être chrétien, implique cette humilité.

- L'unité de l'Eglise n'est pas donnée par un «moule» imposé de l'extérieur, mais elle est le fruit d'une concorde, d'un engagement commun de se comporter comme Jésus, en vertu de son Esprit. Il y a un très beau commentaire de saint Jean Chrysostome à ce passage. Chrysostome commente l'image du «lien», le «lien de la paix», et il dit: «C'est un très beau lien, par lequel nous nous lions ensemble aussi bien les uns avec les autres qu'avec Dieu. Ce n'est pas une chaîne qui blesse. Il ne donne pas de crampes aux mains, il les laisse libres, il leur accorde un large espace et un courage plus grand» (Homélies sur l'Epître aux Ephésiens 9, 4, 1-3). Nous trouvons ici le paradoxe évangélique: l'amour chrétien est un lien, comme nous l'avons dit, mais un lien qui libère! L'image du lien, comme je vous l'ai dit, nous renvoie à la situation de saint Paul, qui est «prisonnier», qui est «pris dans un lien». L'Apôtre est enchaîné à cause du Seigneur, comme Jésus lui- même, il s'est fait esclave pour nous libérer. Pour conserver l'unité de l'esprit, il faut façonner son propre comportement sur cette humilité, cette douceur et cette patience dont Jésus a témoigné dans sa passion; il faut avoir les mains et le cœur liés par ce lien d'amour que Lui-même a accepté pour nous, en se faisant notre serviteur. C'est cela le «lien de la paix». Et saint Jean Chrysostome ajoute encore, dans le même commentaire: «Liez-vous à vos frères, ceux qui sont liés ainsi ensemble dans l'amour supportent tout avec facilité... Ainsi veut-il que nous soyons liés les uns aux autres, non seulement pour être en paix, non seulement pour être amis, mais pour ne faire qu'un, une seule âme» (ibid.).

 

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