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Cette vie à aimer, à servir !

Publiée le 10-02-2020

Extrait du livre particulièrement émouvant et prenant, de Blanche Streb. Ed de l’Emmanuel

Paru dans l'Evangile de la Vie du 2 février 2020

 

      « Arnaud et moi, nous ne sommes ni des héros, ni des victimes. Nous sommes juste un couple qui a consenti à embrasser l’épreuve, celle qui permet aussi de faire ses preuves, qui révèle des forces de vie insoupçonnées, et qui nous a permis de traverser ce que nous n’aurions jamais imaginé être capables de traverser. Une tragédie qui donne corps à la vie. Nous avons fait la guerre, mais pas contre notre vie, pas en la rejetant, car c’est nous-mêmes que nous aurions combattus, au risque de tout perdre. Nous avons juste combattu dans notre vie, avec ce qu’elle est, pour vivre ce que nous avions à vivre. On a sauté en pleine vie, et choisi, et reçu, heureusement, quelques balises et quelques bouées, pour ne pas faire n’importe quoi. Si on a fait la guerre, on a aussi fait la paire. Arnaud a consenti à tout ce qui nous arrivait, tout le temps. Je crois que sa paisible force nous a tenus droits dans la tempête. Mais c’est bien mon grain de folie, mon refus viscéral d’abandonner, qui ont arraché Charles, cet improbable enfant, du néant. Pour l’emmener, grâce à Dieu, dans la splendeur de cette vie qui nous inonde. Nous avons la chance d’habiter avec un miracle vivant.

     La vie n’est pas une fête continue, sans jour qui se lève ni gueule de bois. La vie ne s’exige pas, ne se maîtrise pas. Elle se donne, se reçoit, se protège, se contemple, se vit, tout simplement. Et je crois que c’est ça, le bonheur. Ce n’est pas l’absence de souffrance, ce sont les petites lueurs de bonheur ramassées dans les éclats de nos vies.

     Au plus noir des ténèbres, lorsque Charles dansait avec la mort, je me disais que, si on s’en sortait, je ne me plaindrais plus jamais de rien, que plus aucune futilité, jamais, ne ferait d’ombre à mes tableaux. On s’en est sorti. J’ai recommencé à me plaindre, à traîner les pieds, à soupirer sur mon c½ur bien trop de pierre, à ne pas faire tout le bien que je voudrais faire, à ne pas être à la hauteur de l’amour qui nous est demandé, à me laisser happer par le rythme fou, les petits tracas, les grands fracas, les insomnies. Mais quelque chose d’imperceptible a changé. Peut-être que les yeux bien lavés par les larmes contemplent un peu mieux la vie. Cette vie qui ne tient qu’à un fil, cette vie qui ne nous appartient pas, cette vie en nous, cette vie à aimer et à servir. »

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