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Mgr Migliore à l'ONU : « à trop d'enfants, on refuse le droit à la vie"

Publiée le 15-10-2009

Mgr Celestino Migliore, nonce apostolique et observateur permanent du Saint-Siège à l'ONU à New-York est intervenu le 15 octobre lors de la 64e assemblée générale (devant le 3e comité, sur le point 65), sur la « Promotion et la protection des droits des enfants », à l'occasion de l'anniversaire de l'adoption de la Convention sur les Droits de l'Enfant : Mgr Milgiore y voit un « important instrument pour protéger les droits et les intérêts des enfants ».

« Eliminer la violence contre les enfants requiert que l'Etat et la société soutienne les familles et lui permette d'assumer sa responsabilité », a souligné Mgr Migliore.

Le nonce a mentionné les documents de droit international adoptés récemment. Au cours de ces 25 dernières années, a rappelé Mgr Migliore, la Convention a été ratifiée ou accueillie par au moins 200 Etats. Et un protocole supplémentaire a été adopté par presque 130 pays sur les enfants dans les conflits armés. Un protocole élaboré sur le commerce des enfants, la prostitution et la pornographie enfantines a été également adopté par quelque 130 pays.

Or, les gouvernements, a-t-il constaté, sont devenus « plus conscients du besoin de protéger les enfants » et le Saint-Siège « encourage tous les Etats » d'une part à ratifier la Convention et ses Protocoles et d'autre part à « appliquer correctement ces instruments légaux » qui impliquent le « respect pour le droit inhérent à la vie de tous les enfants ».

Mgr Migliore a salué la « bonne nouvelle » contenue dans un rapport de l'UNICEF : globalement, la mortalité des enfants de moins de 5 ans est en recul, depuis deux décades.

Pourtant, a fait observer Mgr Migliore, « plus de deux millions d'enfants ont été tués au cours de conflits armés, six millions sont restés handicapés, des dizaines de milliers ont été mutilés par des mines antipersonnel et plus de 300.000 ont été recrutés comme enfants soldats ».

Plus encore, Mgr Migliore a rappelé que « à trop d'enfants, on refuse le droit à la vie », et la « sélection prénatale élimine des bébés que l'on soupçonne de porter des handicaps, et des petites filles seulement du fait de leur sexe ».

Mgr Migliore a rappelé la situation tragique de trop d'enfants dans le monde : ils « deviennent les premières victimes des famines et des guerres », sont atteints « par des munitions non explosées », « manquent de la nourriture suffisante et d'un abri », sont « privés de scolarité », deviennent « malades du sida, de la malaria, de tuberculose, sans pouvoir accéder aux médicaments », ou bien sont « vendus à des trafiquants, exploités sexuellement, recrutés par les armées irrégulières, déracinés par les déplacements forcés », ou « contraints à des travaux débilitants ».

« Eliminer la violence contre les enfants requiert que l'Etat et la société soutiennent les familles pour leur permettre d'assumer leurs responsabilités. Les gouvernements doivent assumer leur rôle légitime de protéger et promouvoir la vie de la famille parce que la famille a des liens évidents, vitaux et organiques avec la société ».

« La société civile a aussi un important rôle à jouer, a repris Mgr Migliore, pour soutenir la famille et contrer toutes les formes de violence contre les enfants ».

Quant à l'Eglise catholique, a-t-il souligné, plus de 300.000 institutions d'éducation et de soins travaillent quotidiennement pour assurer à la fois « l'éducation » des enfants et la « réintégration » dans leurs familles - si c'est possible - et dans la société « des enfants victimes d'abus ou négligés ».

Le représentant du Saint-Siège a cependant mis en garde contre la substitution de l'Etat au rôle des parents et il a souligné « l'indispensable » rôle de la famille « dans la vie de chaque enfant » : « les enfants sont nés d'un père et d'une mère et dans la communauté fondamentale qu'est la famille ».

Et de citer la Déclaration universelle des Droits de l'homme qui a affirmé que « la famille est l'élément naturel et fondamental de la société et a droit à la protection de la société et de l'Etat » (Article 16,3), et que « la maternité et l'enfance ont droit à une aide et à une assistance spéciales » et que « tous les enfants, qu'ils soient nés dans le mariage ou hors mariage, jouissent de la même protection sociale » (Article 25,2).

« Ces affirmations, a déclaré Mgr Migliore, ne sont pas des concepts imposés de l'extérieur, mais au contraire des principes complémentaires découlant de la nature de la personne humaine ».

Plus encore, le Saint-Siège évoque le droit des enfants à s'exprimer et à être écoutés et réaffirme « le besoin de tous les enfants d'être pleinement respectés dans leur dignité inhérente, parce qu'ils sont pleinement des êtres humains ».

Il relève que la Convention sur les Droits de l'Enfant n'a pas d'article spécifique sur le droit à la « participation », cependant, elle prend en compte cette participation dans d'autres articles comme celui sur l'expression de leur point de vue (Article 12).

Mgr Migliore a en effet souligné ces articles qui affirme que les Etats sont appelés à respecter « la responsabilité, le droit et le devoir qu'ont les parents (...), à donner à celui-ci, d'une manière qui corresponde au développement de ses capacités, l'orientation et les conseils appropriés à l'exercice des droits que lui reconnaît la présente Convention » (Article 5).

C'est pourquoi le Saint-Siège, a conclu le nonce apostolique, a exprimé sa « préoccupation constante pour le bien-être et la protection de tous les enfants et pour leurs familles », et continue à « appeler les Etats à faire de même avec une urgence renouvelée » puisque « tous les enfants méritent de grandir dans un environnement stable et sain », correspondant à « leur dignité ».

source Zenit

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