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343 fraudeuses, ce sont 343 enfants privés de père

Publiée le 21-06-2014

Aude Mirkovic est interrogée par LE POINT, sur sond ernier livre, qui vient de paraître aux Editions Téqui

 

 

Le Point.fr : Pensez-vous que l'action des 343 fraudeuses contribue à faire pression sur le législateur et le juge pour qu'un statut soit reconnu à ces enfants nés par PMA et GPA qui vont grandir en France ?

Aude Mirkovic : Mais ces enfants ont déjà un statut ! ils ont une mère, celle qui les a mis au monde. Hélas pour eux, ils ne connaissent pas leur père, qui est un donneur anonyme. Cela ne veut pas dire qu'ils sont sans "statut". 343 fraudeuses, ce sont 343 enfants privés de père, je ne vois pas là de quoi faire pression sur le législateur ! 343 femmes peuvent toujours se vanter de s'être fait inséminer en Belgique pour avoir un enfant sans père, et je ne vois rien ici qui serve l'intérêt de l'enfant. Ces femmes ont certainement de très bonnes intentions, et l'amour qu'elles portent à l'enfant n'est pas en cause. Mais si on se place du côté de l'enfant, cet amour est très ambigu : "Nous voulons tellement t'aimer que nous commençons par te priver de ton père, pour te garder pour nous." Il est injuste de priver délibérément un enfant de son père. On pourra ensuite le couvrir de câlins et de cadeaux, cela ne remplacera pas le père qu'il n'aura jamais.

Finalement, comment voyez-vous l'avenir de la famille et du droit de la filiation ?

La famille et le droit de la filiation ont besoin de retrouver le contact avec la réalité, et en l'occurrence la réalité biologique. On a voulu faire comme si de rien n'était et comme si la parenté de même sexe ne changeait rien. Mais c'est faux. La filiation indique à chacun d'où il vient. Elle renvoie à l'engendrement de l'enfant, le plus souvent biologique, mais aussi symbolique : tel enfant n'est pas issu biologiquement de ses parents légaux, mais il se pense comme tel, se construit comme tel. Ceux-là mêmes qui prétendent que la biologie n'est rien, et que seule compte la volonté, l'intention d'être parent, s'accrochent aussi en même temps à la biologie : tout d'abord, lorsque deux femmes ont recours à l'insémination par donneur, celle des deux qui est inséminée et met l'enfant au monde se considère bel et bien comme ce qu'elle est, la mère biologique, et pour rien au monde n'échangerait son enfant contre un autre.

Lire l'intégralité de l'entretien avec LE POINT

 

 

 

 

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