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Familles, n'ayez pas peu de réclamer vos droits !

Publiée le 14-05-2014

 

Extraits de l'homélie prononcée par le Cal Bagnasco, archevêque de Gênes, le dimanche 4 mai 2014, devant 7000 personnes du diocèse, en conclusion de la première des deux années consacrées à la Famille (intégralité en italien ici).

"Nous sommes en train de vivre deux années de la Famille, patrimoine universel, cellule vitale et pilier de la société. Elle garantit l’avenir du monde. Le tissu social peut compter sur cette communauté d’amour permanente pour assurer sa stabilité. A partir de ce sein ouvert à la vie, en effet, l’humanité peut regarder l’avenir avec confiance ; c’est dans ce premier centre d’entraînement de vertu et de relations que se forment les nouveaux citoyens et les nouveaux chrétiens. C’est pourquoi voir un papa et une maman et leurs enfants ouvre le cœur à la joie !

Oui, vraiment la famille est pour le monde un don et une espérance. […] Nous voudrions, chères familles, – et cela nous le demandons à haute voix – que vous soyez plus appréciés à votre juste valeur dans le panorama de l’opinion publique, que l’on ne fasse pas taire la voix de votre beauté, que la société vous soit reconnaissante sans se faire distraire par des voix discordantes, insistantes et organisées. Nous demandons que les responsables de la chose publique, à tous les niveaux, s’attachent au devoir de soutenir, défendre et promouvoir cette institution irremplaçable pour le bien commun.

[…] On constate ces temps-ci des difficultés culturelles et sociales qui ne sont pas des moindres, au point que la vie de famille est mise à mal dans son unité et son harmonie. Ceci apparaît problématique et a de graves conséquences sur les enfants. […]

Voici le sens de ces deux ans sur la Famille : témoigner de la bonne nouvelle du mariage et de la famille. Ce n’est pas un témoignage seulement chrétien, mais aussi humain : la famille, en effet, naît du dessein de la création, quand Dieu créa l’homme à son image : « homme et femme il les créa ».

C’est la vocation à l’amour qui fait de la créature l’image de Dieu, non la solitude. Seul le rocher de l’amour total – et donc irrévocable – entre un homme et une femme est capable de fonder une société qui soit une demeure habitable pour tous.

[…] Les familles ne doivent pas rester seules. L’Eglise doit toujours plus s’ouvrir aux familles et les familles doivent s’ouvrir à l’Eglise. C’est pourquoi la communauté ecclésiale a la responsabilité de proposer des soutiens, des encouragements, des lieux et de nourritures spirituels qui renforcent la cohésion familiale, surtout dans les épreuves et les moments difficiles. Personne ne doit se sentir exclu ou regardé avec une sévérité hargneuse :l’Eglise est maison pour tous, dans la vérité objective des diverses situations. Et elle veut rester proche de tous, soutenir et encourager tous ses fils dans sa mission de mater et magistra, enseignante et mère.

Combien de couples, à force de s’accepter toujours à nouveau chaque jour, en vivant leur « oui » originel, se sont retrouvés dans un amour plus fort et joyeux ! Leur témoignage nous envoie une vague de joie, une joie mûrie aussi dans la souffrance.

0[…] Et comment ne rien dire sur le fruit le plus beau et désiré de votre amour : les enfants ? Chaque enfant qui naît apporte le sourire de Dieu et nous invite à reconnaître que la vie est un don à accueillir et à protéger avec soin, toujours et en toute circonstance. Pourquoi, en revanche, en ce qui concerne Gênes, devons-nous enregistrer un triste record de dénatalité ? Qu’est-ce qui nous pousse à être si réticents à la vie ? Gênes voudrait peut-être prendre congé de la vie ? Renoncer à l’avenir ? Certes, les politiques sociales ne soutiennent pas la natalité et donc n’encouragent pas à élargir les familles, à devenir foyer de générations : pas seulement les parents et les enfants, mais aussi les grands-parents, quand on a la grâce de les avoir. Leur présence est pour tous, en particulier les petits-enfants, un don de sagesse humaine et religieuse, d’encouragement et de soutien. Nous ne les remercierons jamais assez.

Chères familles, vous ne devez pas craindre de réclamer ensemble à haute voix vos droits. Par le mariage, vous avez contracté des devoirs envers la société, mais vous avez aussi acquis des droits. Et les contrats doivent être respectés ! Elevez donc toutes ensembles la voix pour dire « oui » à la famille et « non » à ce qui la désagrège ! Rendre moins difficile et pénible la formation d’une famille, la génération et l’éducation des enfants, favoriser le travail des jeunes, contenir le coût du logement, augmenter le nombre des crèches et des écoles maternelles… voici des requêtes à faire aux Autorités responsables avec fermeté, respect et insistance. Voilà les vraies nécessités auxquelles il faut donner des réponses immédiates et concrètes. […]

La famille est aussi centre d’entraînement et de foi. Très grande mission devant laquelle nombre de parents semblent apeurés, presque dépaysés : est-il encore possible d’éduquer, dans un climat culturel et social qui semble avoir perdu le nord ? Qui exalte la liberté individuelle, prêche la fin des valeurs, dénigre les liens ? Que les parents se souviennent qu’aucune autorité ne peut leur soustraire le droit-devoir d’éduquer leurs propres enfants, et qu’ils doivent réagir avec fermeté devant les tentatives, notamment récentes, de les priver de cette autorité. L’école n’est pas un camp de rééducation ! Surtout dans certains domaines délicats, comme l’affectivité, les parents ne doivent pas seulement être informés de ce qui se fait à l’école, mais on doit leur demander leur autorisation explicite.

[…] L’enfant a besoin de voir qu’un amour « pour toujours » est possible ; pas pour un temps, tant que ça dure. En sommes-nous convaincus ? Si l’enfant perçoit que le couple de papa et maman n’est pas une juxtaposition mais une intrication pour la vie, alors il n’aura pas peur à son tour d’établir un jour des liens définitifs, pour lesquels il sera disposé à se battre de toutes ses forces et avec l’aide certaine de la grâce. Même celui qui vit séparé, mais fidèle à son engagement matrimonial préexistant, donne un témoignage du « pour toujours »."

 

 

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