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En France l’embryon humain n’a aujourd’hui quasiment plus aucune valeur au regard de la loi et du droit.

Publiée le 22-12-2013

article paru sur le blog de la liberté scolaire

En France l’embryon humain n’a aujourd’hui quasiment plus aucune valeur au regard de la loi et du droit. En effet, en adoptant définitivement la loi du 6 août 2013 qui libéralise la recherche sur lui, le Parlement français l’a officiellement rendu disponible aux manipulations-destructions des praticiens des procréations artificielles, des scientifiques qui veulent en extraire des cellules souches ou des industriels pharmaceutiques souhaitant tester à moindres frais leurs nouveaux médicaments. Le professeur de sciences de la vie et de la terre (SVT) peut apporter un autre regard l’embryon humain et préparer ainsi les intelligences de ses élèves au respect qui est dû à l’être humain au début de sa vie.

L’embryon : un instrument technologique

Avec la loi du 6 août 2013 qui parachève les transgressions déjà mises en oeuvre dans les précédentes législations de bioéthique de 1994, 2004 et 2011 (en particulier l’autorisation de la création-congélation d’embryons surnuméraires, le tri eugéniste des embryons jugés défectueux, la destruction des embryons abandonnés par leurs géniteurs et la permission dérogatoire de mener des recherches sur ceux qui ne sont plus couverts par un « projet parental, toutes mesures votées sous des gouvernements de droite par des majorités parlementaires de droite), l’embryon a dès lors revêtu le statut d’instrument technologique pour les biologistes de la reproduction désireux d’améliorer les résultats des fécondations in vitro, d’outil de « screening » moléculaire pour les entreprises du médicament ou encore d’objet « scientifique » sensé modéliser en laboratoire des pathologies humaines ou permettre la culture de lignées de cellules souches (qui n’ont pas apporté en deux décennies la moindre preuve d’une quelconque efficacité « thérapeutique »). Autant de techniques destructrices qui ont réduit l’embryon humain à un vulgaire matériau d’expérimentation, portant un coup fatal à ce qui restait de dispositions protectrices dans notre droit à son égard.

Le message implicite envoyé aux nouvelles générations par ceux qui nous gouvernent est tragique. « Si nous avons tous entamé notre parcours vital en tant qu’embryon, sachez que ce stade incontournable de l’existence d’un être humain est soumis au droit du plus fort qui prévaut désormais sur le droit à la vie », telle est peu ou prou la façon dont les jeunes peuvent traduire le traitement réservé à la vie humaine par nos « élites ». C’est donc à un changement culturel profond dans la perception de la vie prénatale que va aboutir la nouvelle loi.

C’est un message par ailleurs totalement incohérent à l’heure où les pouvoirs publics essaient – avec raison – de sensibiliser les nouvelles générations à l’importance de l’écologie environnementale. Comment leur demander de cultiver un regard d’émerveillement et de respect du milieu naturel si dans le même temps la loi leur signifie que l’être humain peut être détruit dans sa vie débutante ? Comment dénoncer l’accaparement des ressources environnementales si l’on fait de l’embryon un gisement de cellules à exploiter sans limites ? Comment protéger la nature que l’on sait fragile si l’on ne protège pas l’homme encore plus vulnérable lorsqu’il est petit ?

Eclairer les consciences des nouvelles générations

Après la démission morale du Comité consultatif national d’éthique (CCNE) qui avait justifié dès 2010 le principe d’une recherche sans entraves sur l’embryon et l’abdication du Conseil constitutionnel qui n’a rien trouvé à redire au texte adopté cet été (voté par la majorité parlementaire de gauche parmi laquelle les écologistes qui n’ont jamais aussi mal porté leur nom) – deux instances qui auraient dû plaider la cause de la vie au regard de ce que la science nous apprend de l’embryon et des exigences éthiques et juridiques découlant du principe fondamental de sauvegarde de la dignité humaine –, l’un des tout derniers espaces de résistance pour promouvoir une écologie de l’homme intégrale conjuguant respect de la vie humaine et de la nature est celui de l’enseignement des sciences de la vie et de la terre (SVT).

Le professeur de SVT peut aujourd’hui beaucoup pour honorer ce que le bienheureux Jean-Paul II appelait « une science libre dépendant uniquement de la vérité [1]» (Discours du 28 octobre 1986 à l’Académie pontificale des sciences) et ainsi éclairer droitement les consciences des élèves qui lui sont confiés. Or, l’un des points essentiels pour défendre une science authentique, ouverte à la question du sens de l’homme, est celui du statut de l’embryon humain. Le CCNE a d’ailleurs reconnu que la France, en se dotant de ses premières lois de bioéthique, s’était affranchie de « considérations scientifiques » pour ne pas avoir à définir l’embryon et ainsi bénéficier du champ libre pour autoriser les premières pratiques transgressives dès 1994 comme la congélation des embryons surnuméraires issus des fécondations in vitro et leur destruction en cas d’abandon du projet parental[2].

Le professeur de sciences de la vie aura à cœur de renverser ce parti-pris irrationnel et de remettre justement au centre de la réflexion les « faits scientifiques » qui auraient dû s’imposer naturellement à nos responsables politiques. Ce travail de vérité peut être entrepris par le professeur notamment en 4e (mais aussi en 3e et en 1ère) où les programmes de l’Education nationale lui enjoignent de traiter les questions de procréation qu’il pourra se faire le défenseur résolu d’une science au service de la vie humaine. Au collège, le chapitre sur « la transmission de la vie chez l’Homme » de la classe de 4e  exige que l’élève acquière des connaissances précises sur le développement embryonnaire : « L’embryon humain résulte de la fécondation, puis des divisions de la cellule œuf (…). La fécondation a lieu dans l’une des trompes. L’embryon s’implante puis se développe dans l’utérus » (BO n. 6 du 28 août 2008, p. 27).

A partir de cet énoncé relativement correct (si ce n’est l’utilisation du terme peu rigoureux de cellule œuf sur lequel nous reviendrons), certains manuels largement employés dans les établissements opèrent des glissements ambigus qui peuvent se révéler manipulateurs des intelligences lorsque le professeur n’y prend garde.  C’est ce que nous nous proposons d’étudier dans notre prochain article.

Pierre-Olivier Arduin


[1] Par le terme de vérité, Jean-Paul II entendait ici vérité scientifique ou vérité créée accessible à la raison.

[2] CCNE, « Questionnement pour les états généraux de la bioéthique », 9 octobre 2008, p. 6.

 

 

 

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