Accueil > Evénements > Actualité > Loi sur l'embryon en France : Tout laisse penser qu’il y a des intérêts qui feraient pression. Peut-on gouverner en suivant des intérêts particuliers ?

Actualité

Imprimer la page

Loi sur l'embryon en France : Tout laisse penser qu’il y a des intérêts qui feraient pression. Peut-on gouverner en suivant des intérêts particuliers ?

Publiée le 16-07-2013

lire l'entretien dans LA CROIX du 15 juillet

Que répondez-vous aux scientifiques qui demandent l’autorisation des recherches sur l’embryon, moyennant un encadrement ?

Mgr P. d’O.  : Certains scientifiques, qui pensaient il y a quelques années qu’il fallait passer par la recherche sur l’embryon, ont explicitement reconnu que cela pose un problème éthique : c’est le cas du Japonais Yamanaka, prix Nobel 2012 pour ses travaux sur les iPS. La proposition de loi parle de recherche fondamentale. Bien sûr, je comprends que des intelligences aient le désir de connaître. Mais depuis le code de Nuremberg (1947) et la déclaration d’Helsinki (1964), il n’est plus possible de faire des expérimentations sur l’être humain vulnérable. Certes, à cette époque, il n’était pas question de l’embryon humain, mais si l’on applique ces principes, il est impossible de l’instrumentaliser. Faut-il rappeler aux législateurs et aux scientifiques – notamment à ceux qui, comme René Frydman, nient l’humanité de l’embryon humain pour pouvoir justifier l’autorisation de recherche – qu’ils ont tous connu, au début de leur vie commencée dès la fécondation, la condition embryonnaire ?... Quand le droit nie une évidence, il se déconnecte du réel et n’est plus qu’une tactique, élaborée par un groupe majoritaire pour faire ce qu’il veut. Dès lors que le droit est coupé du réel, qu’il ne respecte plus l’être humain, alors on peut craindre le pire. Le droit doit évoluer avec les avancées scientifiques, mais pour que celles-ci soient toujours au service des plus faibles. La résistance éthique de l’embryon humain vivant est plus puissante que toute tactique juridique ou scientifique.

 

En mars dernier, le cardinal André Vingt-Trois avait demandé des informations « claires et transparentes » sur les financements des laboratoires de recherche. En avez-vous obtenues ?

Mgr P. d’O.  : Non… J’invite d’ailleurs les journalistes à enquêter sérieusement sur ce sujet, car le citoyen ordinaire n’a pas d’informations sur ces financements et cela ne peut que le troubler.

 

 

 

< Voir toutes les actualités

Archives