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Le Secrétaire général de l’ONU défie les Etats membres sur la question des droits LGBT et des droits reproductifs

Publiée le 24-09-2012

Par Stefano Gennarini, J.D.
GENEVE, 21 septembre (C-FAM)
Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a provoqué des polémiques en demandant aux Etats membres du Conseil des droits de l’homme de faire des droits lesbiens, gay, bisexuels et transsexuels une de leur priorités dans l’agenda des droits de l’homme des Nations Unies.

Ban Ki-moon s’est adressé aux délégations diplomatiques à l’occasion de l’ouverture de la 21ème session du Conseil des droits de l’homme, félicitant le Conseil pour son travail de 2012 et déclarant  « [J]e me réjouis en particulier du caractère révolutionnaire de la toute première discussion intergouvernementale de mars dernier sur la discrimination et la violence sur le fondement de l’orientation sexuelle et l’identité de genre ».

Le Secrétaire Général faisait référence à une table ronde très contestée sur les droits LGBT organisée lors de la dernière session du Conseil des droits de l’homme. Dix-sept des quarante-sept Etats membres du Conseil des droits de l’homme étaient sortis de la salle où la table ronde avait eu lieu.

A cette occasion, Saeed Sarwar, parlant au nom de l’Organisation de la Coopération islamique qui représente 57 pays d’Afrique, d’Asie et du Moyen Orient, a demandé au Conseil des droits de l’homme de mettre fin à toute discussion sur ce sujet.

Mais Ban Ki-moon déclarait la semaine dernière au Conseil que la discussion de la table ronde « ne devrait pas être un événement unique ». Il est même allé plus loin : « Je vous prie d’approfondir votre engagement sur cette question afin que protection et dignité puisse être disponible à tous les membres de la famille humaine ».

Les militants des droits LGBT travaillent depuis les années 1990, pour le moment sans succès, à faire de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre des catégories protégées par les clauses antidiscriminatoires du droit international. D’après eux, les protections internationales des droits de l’homme s’appliquant de la même manière à tout individu ne sont pas suffisantes.

La pression exercée sur les pays qui considèrent le comportement homosexuel et les autres pratiques sexuelles comme anormales s’intensifie. La plaidoirie du Secrétaire général en faveur des droits LGBT se fait de plus en plus fréquente et insistante depuis que son second mandat a débuté l’année dernière. Le secrétaire d’Etat américain, le Foreign Office britannique, ainsi que d’autres pays européens intensifient les pressions en faisant la promotion des droits LGBT parmi la communauté internationale.

L’insistance de Ban Ki-moon, pour qui « nous devons nous battre pour le droit des femmes, dont leurs droits reproductifs »,  est s’est aussi faite ressentir comme un coup de coude dans les côtes des sociétés traditionnelles, qui résistent encore aux pressions des pays occidentaux et du personnel de l’ONU en faveur de la libéralisation des politiques sociales.

Le terme « droits reproductifs » a fait l’objet d’un rejet catégorique par les Etats membres de l’ONU lors des négociations du document politique le plus récent et le plus officiel des Nations Unies, à la Conférence sur le développement durable, précisément parce que ce terme est de plus en plus associé au droit à l’avortement.

L’Assemblée générale de l’ONU a créé le Conseil des droits de l’homme en 2006 pour remplacer la Commission des droits de l’homme. La commission, qui travaillait sous l’autorité du Conseil économique et social de l’ONU, avait été discréditée parce qu’elle ne parvenait pas à dénoncer les violations des droits humains graves et répandues, et faisait l’éloge des pays considérés auteurs de violations des droits de l’homme.

 

 

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