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Elections : ni une canonisation, ni une déclaration d'amour

Publiée le 04-05-2012

Vous avez été nombreux à nous demander ce que nous pensions du choix qui nous est proposé pour le second tour des élections présidentielles. Comme prêtres, nous considérons que notre rôle n’est ni de prendre position pour un candidat, ni de rendre public notre propre vote personnel.

Mais nous voulons plus que jamais, avec l’Eglise et nos évêques, peut-être aussi avec un peu de bon sens, rappeler ce qui doit éclairer le choix des catholiques au moment de voter.


 

1-    Pour un catholique, le vote n’est pas seulement un droit, mais un devoir ( n°2240 du Catéchisme de l’Eglise Catholique ).

2-    L’élection n’est ni une canonisation ni une déclaration d’amour. Le candidat de nos rêves n’existe que … dans nos rêves. Il s’agit de voter pour celui des deux qui nous paraît en conscience le plus capable d’assumer cette lourde charge, dans le sens du bien commun. Que les catholiques ne se comportent pas en « enfants gâtés » mais fassent preuve de maturité et de responsabilité.

3-    Les critères premiers de discernement (ce ne sont donc pas les seuls, mais ils sont prioritaires) sont : le respect de la vie, le respect de la famille fondée sur le mariage dans sa conception naturelle (l’union d’un homme et d’une femme), la liberté éducative. C’est ce qu’ont écrit nos évêques ici il y a déjà quelques mois.

4-    Quand aucun des deux candidats ne correspond parfaitement à ces critères, il s’agit alors de déterminer si l’un des deux candidats offre  l’espoir de progrès possibles, ou au moins l’assurance d’éviter de nouvelles transgressions. Ou si l’un des deux candidats promet au contraire de nouvelles transgressions, qui marqueront durablement la société, et sur lesquelles – comme l’histoire nous l’apprend -  il sera toujours difficile de revenir. C’est ce qu’écrivait le Cardinal Archevêque de Paris, dans l’introduction de son dernier livre :

« Nous devons soigneusement distinguer ce qui relève de l’impossibilité de conscience et ce qui relève d’un choix encore acceptable, même s’il ne correspond pas totalement à nos convictions, parce que, alors, un bien, même modeste, reste réalisable ou peut-être sauvegardé, en tout cas davantage que d’autres hypothèses.

Il ne s’agit pas de se résigner au moindre mal, mais de promouvoir humblement, le meilleur possible, sans illusion ni défaitisme, et simplement avec réalisme. »

5-    Les programmes des deux candidats sont assez clairs sur les questions évoquées ci-dessus et révèlent deux projets de société bien différents. Il appartient aux catholiques de les lire attentivement, de les comparer et de faire un choix clair selon les critères énoncés. Face aux propositions de l’un et de l’autre, on ne peut rester dans l’indécision.  On pourra trouver un récapitulatif proposé par l’alliance Vita ici   et on pourra lire l’interview donnée à l’hebdomadaire « Famille Chrétienne » par les deux candidats ici .

6-    Quelque soit le résultat du dimanche 6 mai, l’engagement des catholiques ne doit pas cesser après ces élections présidentielles, comme le disait récemment Mgr Eric Aumonier, évêque de Versailles  :

« L’enjeu de cette vigilance dépasse les élections. Quelque soit leur résultat, il semble que nous n’échapperons pas, dans les mois ou les années qui viennent, à la promotion de mesures qui, tout en invoquant de généreuses intentions, auraient pour effet de fragiliser encore plus la famille, la mission de l’enseignement ou de porter atteinte à la vie humaine…

La liberté chrétienne, et le courage des chrétiens seront sollicités, sans doute plus qu’hier. Qu’on n’attende pas de nous que nous nous taisions, ou que nous acceptions ce qui est contraire à notre conscience et au bien de l’homme, ce qui le détruit, le méprise dans son corps et dans son cœur, dans son existence, dans sa dignité. Qu’on n’attende pas de nous que nous soyons résignés à confondre des lois justes avec des lois injustes.

Le témoignage auquel nous sommes appelés n’est pas violent. Quand il heurte des intérêts économiques ou partisans, il est souvent exposé au rejet, à la dérision. Nous sommes habitués.

Malgré cela, nous sommes confiants dans la liberté de l’intelligence humaine. Elle peut, en refusant l’esclavage de l’intérêt ou de la technique, se laisser toucher par la vérité, et attirer par le bien. On peut anesthésier la conscience, on ne peut pas la tuer.

Dans ce temps d’élections comme dans les échéances à venir, nous continuerons d’agir, de réfléchir et d’espérer en chrétiens, c’est à dire en témoins à qui le Seigneur donne de transmettre sa paix. Il nous charge de la transmettre pour qu’elle fasse son chemin dans notre pays et dans le monde. » ( Message de Pâques 2012 )

7- Enfin, que les catholiques, et en particulier les générations qui viennent, retirent de cette campagne une certitude positive : bien loin de la tentation mortifère de l’exil de la vie publique, du repli sur soi ou de la critique permanente, nous sommes plus que jamais appelés à nous engager ! Notre pays a besoin de laïcs, chrétiens authentiques et décomplexés, courageux et instruits, ancrés dans le réel, acceptant de se former et d’acquérir une vraie compétence. Que nous puissions ainsi prendre part de façon intelligente et efficace au débat d’idées, nous engager dans la vie politique ou associative et mettre nos talents au service du bien commun. Quand on est chrétien, on ne peut ni se décourager, ni s’en désintéresser.

Au fond, que tout cela encourage à prendre au sérieux ce que nous sommes depuis notre baptême : « sel de la terre et lumière du monde ».

Les Padre

 

 


 

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