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2012 : promouvoir une politique de protection de la vie humaine, de la conception jusqu'à la mort.

Publiée le 07-01-2012

Samedi, 07 Janvier 2012 09:02 - par Observatoire sociopolitique du diocèse de Fréjus-Toulon.

Il convient dans un premier temps de rappeler la position de l'Eglise Catholique qui souhaite promouvoir une politique de protection de la vie humaine, de la conception jusqu'à la mort.

a- Pratiques biomédicales autorisées en France portant atteinte au respect de la vie et à la dignité de la personne humaine

Ces pratiques, autorisées par la loi en France, ne peuvent être défendues par les Chrétiens et doivent faire l'objet d'une limitation progressive, dans un but final d'interdiction.

  • Interruption volontaire de grossesse et interruption médicale de grossesse quel qu'en soit le mode opératoire (chirurgical ou chimique par RU-486). L'Eglise s'est toujours opposée à l'avortement, qui est une atteinte directe à la vie humaine à travers la suppression de l'enfant à naître.

  • Diagnostic prénatal effectué dans le but de choisir un avortement en cas d'anomalie de l'enfant à naître.

  • La stérilisation, comme atteinte à l'intégrité du corps.

  • Promotion du stérilet et de la contraception d'urgence, moyens d'interception du jeune embryon humain avant la nidation dans l'utérus. Les nouvelles pilules de troisièmes génération, les patchs et les implants contraceptifs ont également un effet abortif précoce.

  • Procréation artificielle avec donneur étranger, qui sépare définitivement fécondation et relation humaine.

  • Don d'ovules ou de spermatozoïdes, vitrification des ovules (autorisée en France par la nouvelle loi de bioéthique)

  • Fécondation in vitro et production d'embryons surnuméraires, qui dissocie la sexualité de la procréation et est une atteinte majeure à la vie humaine par les taux d'échecs observés dans la conception in vitro d'embryons

  • Congélation des embryons surnuméraires, à cause du fort taux de mort embryonnaire à la congélation et à la décongélation

  • Le diagnostic préimplantatoire dans le but de sélectionner les embryons in vitro.

  • La technique du double diagnostic préimplantatoire ou du « bébé-médicament »

  • Recherche sur les embryons et les cellules souches embryonnaires humaines (autorisée à titre dérogatoire)

  • Retrait de l'alimentation et de l'hydratation médicalement assistées de personnes en état végétatif ou de nouveau-nés handicapés dans le but d'aboutir à la mort1.

b- Projets ou propositions portant atteinte au respect de la vie et à la dignité de la personne humaine

  • Gestation pour autrui (non autorisée par la nouvelle loi de bioéthique)

  • Toute forme de dépénalisation de l'euthanasie même à titre exceptionnel et quel que soit le nom qui lui serait donné (assistance médicale au suicide, droit de mourir dans la dignité,…)

  • Autorisation de nouveaux tests génétiques dans le but de sélectionner les enfants à naître.

  • Le clonage humain qu'il soit à visée reproductive ou scientifique.

  • La création d'embryons humains uniquement à des fins de recherche scientifique

  • L'ouverture des techniques d'assistance médicale à la procréation aux couples homosexuels et aux femmes célibataires

c- Propositions :

 

D'une manière générale, l'Eglise encourage tous les projets législatifs qui promeuvent un plus grand respect de la vie humaine2, et appuie toute initiative visant à supprimer ou supprimer les législations portant atteinte au respect de la vie3. Lorsqu'il n'est pas possible d'abroger complètement une loi injuste, l'Eglise encourage les responsables politiques à témoigner ouvertement de leur respect inconditionnel de la dignité de l'être humain de la conception à sa mort naturelle tout en essayant de limiter les préjudices d'une telle loi et à en diminuer les effets négatifs sur le plan culturel4. Dans ce cadre, Jean-Paul II nous rappelle « qu'il ne s'agit pas d'apporter une collaboration illicite à une loi inique mais d'accomplir plutôt une tentative légitime, qui est un devoir, d'en limiter les aspects injustes ».

 

Rendre à nouveau possible l'émergence d'un discours alternatif sur l'avortement

 

Selon Benoît XVI, « le thème du syndrome post-abortif, c'est-à-dire le grave malaise psychique dont font souvent l'expérience les femmes qui ont eu recours à un avortement volontaire, révèle la voix irrépressible de la conscience morale, et la très grave blessure qu'elle subit à chaque fois que l'action humaine trahit la vocation innée au bien de l'être humain, dont elle témoigne »5

 

C'est donc le rôle de l'Eglise d'aider à la prise de conscience de la vérité de l'avortement, véritable atteinte à la dignité de l'homme. Celui de l'Etat est, tout au moins, de veiller au respect de la liberté de conscience et de permettre l'existence d'un débat contradictoire. C'est pourquoi, dans l'objectif pragmatique de cette prise de conscience publique, l'Eglise soutient les mesures suivantes :

  • Lancement d'une évaluation publique des effets de la dépénalisation de l'avortement sur la société française (depuis la loi Veil en 1975) ;

  • Commande publique d'une étude sur le syndrome post-avortement en France, ordonnée par le Ministère de la Santé ;

  • Extension de la clause de conscience à l'ensemble des professions médicales (infirmier, pharmaciens, sages-femmes…) au sujet de l'avortement6 ;

  • Réaffirmation de la liberté de conscience et d'expression des enseignants au sujet de l'avortement (affaire Philippe Isnard, professeur d'histoire à Manosque, en 20107), non contradictoire avec le devoir de réserve auquel tout fonctionnaire est assujetti ;

  • Remplacement de l'éducation sexuelle par l'éducation affective de la jeunesse au sein des programmes de l'Education nationale ;

  • Réévaluation du financement de certaines associations pro-avortement par les pouvoirs publics (Planning familial), dont la mission initiale de discernement devant la question de l'avortement est contestée8.

  • Annulation immédiate de la mesure Bachelot de revalorisation du remboursement de l'IVG par la Sécurité sociale9, déremboursement à terme.

  • Refus de toute nouvelle augmentation et limitation progressive du délai légal de l'IVG10. L'Eglise encouragera toute mesure réduisant ce délai.

  • Opposition à la diffusion des « Pass contraception » dans les lycées et universités, et à la délivrance anonyme et gratuite de la contraception à tous les jeunes de moins de 18 ans

 

La question de l'euthanasie et de l'accompagnement en fin de vie

 

  • Maintien de l'interdiction stricte de l'euthanasie.

  • Poursuite de la politique de développement des soins palliatifs et de l'accompagnement en fin de vie.

  • Lancement d'une campagne publique d'information sur les avancées du congé de solidarité familiale

  • Lutte contre l'isolement à l'hôpital des personnes âgées.

 

Autres questions de santé publique

 

  • Création d'outils efficaces de détection des fraudes des branches assurance-maladie et assurance-vieillesse de la Sécurité sociale11.

  • Poursuite du déremboursement de certains soins. Déremboursement progressif de l'IVG et de la contraception, qui ne peuvent être assimilées à des soins médicaux.

  • Création d'une mission d'enquête parlementaire sur l'existence d'éventuelles collusions d'intérêt entre groupes pharmaceutiques, responsables des Autorités sanitaires et hommes politiques, suivie de propositions concrètes pour les limiter.

  • Lancement d'une campagne nationale d'information sur la consommation des drogues douces, au même titre que la lutte contre l'alcoolisme ou les MST, dont le coût social est dévastateur12.

 

1 autorisé en France par la loi du 22 avril 2005 et le décret du 29 janvier 2010

 

2 Par exemple, les évêques ont apporté leur soutien à la promulgation en 2008 d'un décret qui autorise l'inscription à l'état civil des enfants décédés in utero après une fausse couche et encourage résolument le plan gouvernemental de développement des soins palliatifs

 

3 En Italie l'Eglise a obtenu une très belle victoire en soutenant en 2005 un référendum du gouvernement qui a interdit la création d'embryons surnuméraires par fécondation in vitro et les procréations artificielles avec don de gamètes.

 

4 Lettre encyclique de Jean-Paul II « Evangelium vitae », n. 73, 25 mars 1995

 

5 samedi 26 février 2011, dans son discours devant l'Assemblée pontificale pour la Vie

 

6 En cohérence avec la résolution 1763 votée le 7 octobre 2010 par l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE)

 

7 Ce professeur de l'Education nationale, au mépris de toute règle élémentaire du droit, a été révoqué le 31 mars 2011, intronisant officiellement l'avortement comme nouveau dogme d'Etat.

 

8 J'ai voulu avorter : enquête au Planning familial, hors-série de l'Homme nouveau, mai 2011

 

9 Cette mesure coûteuse (évaluée à 27 millions d'euros), prise par le ministre de la Santé Roselyne Bachelot et qui sera effective en 2012, place pour la première fois le remboursement de l'IVG au dessus de celui d'un accouchement.

 

10 Délai légal de 12 semaines depuis la réforme Aubry de 2001.

 

11 Voir le rapport de la Cour des Comptes à la Commission sociale de l'Assemblée nationale, La lutte contre les fraudes aux prestations dans les branches prestataires du régime général, avril 2010

 

12 Lire à ce sujet le rapport de l'Observatoire français des drogues et toxicomanies, Le coût social des drogues en 2003. Les dépenses publiques dans le cadre de la lutte contre les drogues en France en 2003, OFDT, 2006.

 

 

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