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Banques privées de sang de cordon et "bébé-médicament"

Publiée le 19-05-2011

Sur le site internet de Valeurs actuelles, Thomas Roche, avocat au Barreau de Lyon, dénonce un "prétendu débat démocratique" autour de la révision de la loi de bioéthique et notamment sur la question des banques privées de sang de cordon. Il considère que le débat a été confisqué à ce sujet par les experts de l'Agence de la biomédecine (ABM).
 

Ces derniers se sont opposés au projet de ceux qui veulent voir s'installer des banques privées de sang de cordon en France au motif qu'il s'agit "d'éviter que puissent être conservées ces cellules, contre paiement par les familles, dans la perspective d'une utilisation thérapeutique sans fondement médical ou scientifique". Or, cette option des experts révèle de leur part une vision délibérément tronquée des banques privées de sang de cordon en les assimilant à des banques autologues (destinées à stocker le sang de cordon d'un enfant pour un éventuel usage personnel) et en déclarant que "la conservation du sang de cordon pour soigner, le cas échéant, des enfants d'une même famille, serait 'sans fondement médical ou scientifique' ".

Thomas Roche voit une contradiction dans les avis émis par l'ABM : depuis 2007, son Conseil d'orientation bloque l'implantation de telles banques en France, affirmant "un manque de pertinence scientifique et médicale décisive pour justifier la conservation placentaire à des fins autologues". Dans le même temps, l'ABM autorise la conception d'un "bébé du double espoir", cautionnant ainsi l'utilisation du sang de cordon dans le cadre familial. "Comment justifier que, d'un côté, on empêche la conservation du sang placentaire et que, de l'autre, on autorise une sélection d'embryon afin de pouvoir 'fabriquer' ce même sang placentaire ?"

Enfin, les statistiques des derniers rapports d'activité de l'ABM "parlent d'elles-mêmes" : le taux de survie à cinq ans des enfants après une allogreffe apparentée de sang de cordon (issu d'un membre de sa fratrie) était de 65% en 2007 contre 40% pour une greffe allogénique (sang issu d'un donneur extérieur à la famille). S'il ne faut sous-estimer les questions d'ordre scientifique, éthique et juridique que posent les banques privées de sang placentaire, le débat devrait respecter le principe de la "cohérence des politiques médicales" et l'ABM doit exercer ses fonctions de manière "loyale et impartiale".

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Valeurs actuelles.fr 14/03/11 - genethique 15.3.2011

 

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