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L'avortement chez les alos - PO Arduin

Publiée le 05-04-2011

LA NEF - avril 2011

L'IVG fait des ravages chez les mineures. Aujourd'hui, en France, pas loin de 14 000 d'entre elles ont recours chaque année à un avortement. Une hausse de plus de 25 % en 10 ans, qui touche également la tranche d'âge des 18-25 ans. Pour le gynécologue-obstétricien du CHU de Strasbourg Israël Nisand qui s'est saisi de toutes les tribunes médiatiques à la veille de la Journée de la femme pour s'indigner de ces chiffres, l'IVG est en outre « un chemin potentiellement traumatisant » (1). Les langues se délieraient-elles enfin pour reconnaître l'existence de souffrances psychiques qui frappent ces jeunes femmes, parfois des années durant, au risque « d'handicaper une maternité future» (2) ? C'est en tout cas ce que disent les principales intéressées selon une étude effectuée en début d'année par Opinion Way qui montre que, pour 92 % des femmes interrogées, l'IVG est un événement traumatisant qui laisse des traces. Coïncidence, ces effets dévastateurs sur la santé mentale féminine ont été également l'objet des derniers travaux de l'Assemblée plénière de l'Académie pontificale pour la Vie qui se sont tenus au Vatican en février dernier. Pour Benoît XVI qui à cette occasion a donné un discours extrêmement fort, « le grave malaise psychique dont font souvent l'expérience les femmes qui ont eu recours à un avortement volontaire révèle la voix irrépressible de la conscience morale et la très grave blessure qu'elle subit » (3). Et le pape de demander à nos sociétés marquées « par l'éclipse du sens de la vie » de s'interroger sur la signification des séquelles de cette maternité détruite en ayant le courage d'opérer un revirement « qui choisit de défendre le droit à la vie de l'enfant conçu ».
 

Contre le Planning familial qui s'obstine à faire croire aux femmes que la douleur psychique post-IVG n'est que l'effet indirect d'une culture moralisatrice et culpabilisatrice qui les étouffe, on pourrait se réjouir que des spécialistes paraissent aujourd'hui prendre conscience de la gravité de la situation, avouant au moins implicitement que l'avortement est un acte éprouvant qu'il faudrait s'employer à « prévenir ». Oui, mais les solutions préconisées sont consternantes et irresponsables.
La première fait frémir. Israël Nisand milite pour la montée en puissance de l'IVG médicamenteuse par RU-486 qu'il considère comme beaucoup « moins dramatique » que la méthode chirurgicale classique par aspiration, aux motifs que la première est réalisée plus tôt que la seconde et peut être pratiquée en cabinet ou en établissement sans hospitalisation depuis la loi Aubry de 2001. Dans son service, se félicite-t-il, 95 % des avortements sont médicamenteux. Propos dangereux et mensongers quand on sait que c'est à la maison, dans ses toilettes ou sa salle de bain que la femme avortera dans la solitude la plus complète après que le médecin lui aura fait ingérer les comprimés en sa présence. On imagine aisément le choc pour une jeune fille qui subit une telle violence en « s'auto-administrant » de la sorte un avortement chimique. Quel que soit le moyen employé, il n'est pas possible de s'illusionner, « l'avortement tue l'enfant et détruit la femme » ainsi que l'a rappelé avec fermeté le Saint-Père devant les Académiciens.

Nisand veut également soustraire une bonne fois pour toutes les mineures à tout contrôle parental en leur donnant la possibilité de se faire prescrire la pilule anonymement par le médecin de leur choix. Un appel entendu par la députée UMP Bérengère Poletti qui va proposer dans un prochain rapport parlementaire la délivrance au niveau national de la contraception gratuite et confidentielle aux jeunes filles de moins de 18 ans. Comment croire à l'efficacité d'une telle mesure quand on sait que la France détient le record du monde de consommation de contraceptifs tout en figurant parmi les pays de l'Union européenne qui ont un des plus forts taux de recours à l'IVG ? Tomber enceinte en « oubliant » sa pilule est une manière pour ces jeunes filles de se rassurer sur leur féminité, disent les psychologues. La stratégie des pouvoirs publics est d'ores et déjà vouée à l'échec et ne fera que renforcer le développement d'une sexualité purement hédoniste déconnectée de tout engagement responsable. « Donner aux adolescents de fausses illusions dans le domaine de l'amour ou tromper sur les responsabilités que l'on est appelé à assumer avec l'exercice de sa propre sexualité ne fait pas honneur à une société qui se réclame des principes de la liberté et de la démocratie » (4), avait averti Benoît XVI lors du 40e anniversaire de la publication d'Humanae vitae.
Pierre-Olivier Arduin

(1) Agnès Leclair, « Les IVG en hausse chez les femmes de moins de 25 ans », Le Figaro, 7 mars 2011.
(2) Armelle Breton et Claire Legros, « Avortement : le soutien psychologique n'est plus tabou », La Vie, 2 mars 2011.
(3) Benoît XVI, Discours aux participants de la 17e Assemblée de l'Académie pontificale pour la Vie, 26 février 2011.
(4) Benoît XVI, « Discours aux participants au congrès international pour le 40e anniversaire de l'encyclique Humanae vitae », 10 mai 2008.
 


 

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