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Quel est le rapport entre l'Ancien et le Nouveau testament ? Benoit XVI

     "Dans la perspective de l'unité des Écritures dans le Christ, il est nécessaire pour les théologiens comme pour les Pasteurs d'être conscients des relations qui existent entre l'Ancien et le Nouveau Testament. Avant tout, il est évident que le Nouveau Testament lui-même reconnaît l'Ancien Testament comme Parole de Dieu et c'est pourquoi il accueille l'autorité des Saintes Écritures du peuple juif.[131] Il le reconnaît implicitement en recourant au même langage et en faisant fréquemment allusion à des passages de ces Écritures. Il le reconnaît explicitement parce qu'il en cite de nombreux extraits et qu'il s'en sert pour argumenter. Une argumentation fondée sur des textes de l'Ancien Testament possède ainsi dans le Nouveau Testament une valeur décisive, supérieure à celle des raisonnements purement humains. Dans le quatrième Évangile, Jésus déclare à ce propos que «l'Écriture ne peut être abolie» (Jn 10, 35) et saint Paul précise en particulier que la Révélation de l'Ancien Testament continue à valoir pour nous Chrétiens (cf. Rm 15, 4; 1 Co 10, 11).[132] En outre, nous affirmons que «Jésus de Nazareth était un Juif et que la Terre Sainte est la terre-mère de l'Église».[133] La racine du Christianisme se trouve dans l'Ancien Testament et le Christianisme se nourrit toujours de cette racine. Aussi, la saine doctrine chrétienne a-t-elle toujours refusé toute forme récurrente de marcionisme qui tend, de diverses manières, à opposer l'Ancien et le Nouveau Testament.[134]

Par ailleurs, le Nouveau Testament lui-même s'affirme conforme à l'Ancien et proclame que dans le Mystère de la vie, de la mort et de la Résurrection du Christ, les Saintes Écritures du Peuple juif ont trouvé leur parfait accomplissement. Il faut observer cependant que le concept d'accomplissement des Écritures est complexe, parce qu'il possède une triple dimension: un aspect fondamental de continuité avec la Révélation de l'Ancien Testament, un aspect de rupture et un aspect d'accomplissement et de dépassement. Le Mystère du Christ est en continuité d'intention avec le culte sacrificiel de l'Ancien Testament; il s'est cependant réalisé d'une manière très différente, qui correspond à plusieurs oracles des prophètes, et il a atteint ainsi une perfection jamais obtenue auparavant. L'Ancien Testament, en effet, est plein de tensions entre ses aspects institutionnels et ses aspects prophétiques. Le Mystère pascal du Christ est pleinement conforme – d'une façon qui toutefois était imprévisible – aux prophéties et à l'aspect préfiguratif des Écritures; néanmoins, il présente des aspects évidents de discontinuité par rapport aux institutions de l'Ancien Testament.

41. Ces considérations manifestent ainsi l'importance incontournable de l'Ancien Testament pour les Chrétiens, mais en même temps, mettent en évidence l'originalité de la lecture christologique. Depuis les temps apostoliques et ensuite dans la Tradition vivante, l'Église a mis en lumière l'unité du plan divin dans les deux Testaments grâce à la typologie, laquelle n'a pas un caractère arbitraire mais est intrinsèque aux événements racontés par le texte sacré et concerne par voie de conséquence toute l'Écriture. La typologie «discerne dans les œuvres de Dieu sous l'Ancienne Alliance des préfigurations de ce que Dieu a accompli dans la plénitude des temps, en la personne de son Fils incarné».[135] Les Chrétiens lisent donc l'Ancien Testament à la lumière du Christ mort et ressuscité. Si la lecture typologique révèle l'inépuisable contenu de l'Ancien Testament en relation avec le Nouveau, cela ne doit toutefois pas conduire à oublier qu'il conserve sa valeur propre de Révélation que Notre Seigneur lui-même a réaffirmée (cf. Mc 12, 29-31). En conséquence, «le Nouveau Testament demande aussi d'être lu à la lumière de l'Ancien. La catéchèse chrétienne primitive y aura constamment recours (1 Co 5, 6-8; 1 Co 10, 1-11)».[136] Les Pères synodaux ont pour cette raison affirmé que «la compréhension juive de la Bible peut aider les Chrétiens dans l'intelligence et l'étude des Écritures».[137]

«Le Nouveau Testament est caché dans l'Ancien et l'Ancien est révélé dans le Nouveau»,[138] c'est ainsi qu'avec une profonde sagesse, saint Augustin s'exprimait sur ce thème. Il est donc important qu'aussi bien dans la pastorale que dans le milieu académique, soit bien mise en évidence la relation intime entre les deux Testaments, en rappelant avec saint Grégoire-le-Grand que ce que «l'Ancien Testament a promis, le Nouveau Testament l'a fait voir; ce que celui-là annonçait de façon cachée, celui-ci le proclame ouvertement comme présent. C'est pourquoi l'Ancien Testament est prophétie du Nouveau Testament; et le meilleur commentaire de l'Ancien Testament est le Nouveau Testament».[139]"

Benoit XVI, in Verbum Domini, du 30.9.2010, numéro 40-41

 

 

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