François de A à Z

Miséricorde Divine

2013

 

 

17 mars 2013 - Angelus

     L’Évangile nous présente l’épisode de la femme adultère (cf. Jn 8, 1-11), que Jésus sauve de la condamnation à mort. On est frappé par l’attitude de Jésus : nous n’entendons pas des paroles de mépris, nous n’entendons pas des paroles de condamnation, mais seulement des paroles d’amour, de miséricorde, qui invitent à la conversion. « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, désormais ne pèche plus ! » (v. 11). Eh !, frères et s½urs, le visage de Dieu est celui d’un père miséricordieux, qui a toujours de la patience. Avez-vous pensé, vous, à la patience de Dieu, la patience qu’il a avec chacun de nous ? Telle est sa miséricorde. Il a toujours de la patience, de la patience avec nous, il nous comprend, nous attend, il ne se fatigue pas de nous pardonner si nous savons revenir à lui avec le c½ur contrit. « Grande est la miséricorde du Seigneur », dit le Psaume.

     Un peu de miséricorde rend le monde moins froid et plus juste. Nous avons besoin de bien comprendre cette miséricorde de Dieu, ce Père miséricordieux qui a une telle patience... Souvenons-nous du prophète Isaïe, qui affirme que même si nos péchés étaient rouges écarlates, l’amour de Dieu les rendra blancs comme neige. C’est beau, la miséricorde ! Je me souviens, à peine devenu évêque, en l’année 1992, est arrivée à Buenos Aires la Vierge de Fatima et l’on a fait une grande messe pour les malades. Je suis allé confesser, lors de cette messe. Et presque à la fin de la messe, je me suis levé, je devais administrer une confirmation. Est venue à moi une femme âgée, humble, très humble, elle avait plus de quatre-vingts ans. Je l’ai regardée et je lui ai dit : « Grand-mère — parce que chez nous, nous appelons ainsi les personnes âgées : grand-mère — vous voulez vous confesser ? ». « Oui !», m’a-t-elle dit. « Mais si vous n’avez pas péché... ». Et elle m’a dit : « Nous avons tous péché... ! ». « Mais peut-être le Seigneur ne les pardonne pas... ». « Le Seigneur pardonne tout !», m’a-t-elle dit : sûre d’elle. « Mais comment le savez-vous, vous, Madame ? ». « Si le Seigneur ne pardonnait pas tout, le monde n’existerait pas ». Il m’est venue l’envie de lui demander : « Dites-moi, Madame, vous avez étudié à la Grégorienne ? », parce que cela est la sagesse que donne l’Esprit Saint ; la sagesse intérieure vers la miséricorde de Dieu. N’oublions pas cette parole : Dieu ne se fatigue jamais de nous pardonner, jamais ! « Eh, mon père, quel est le problème ? ». Eh, le problème est que nous, nous nous fatiguons ! Nous ne voulons pas ! Nous nous fatiguons de demander pardon ! Lui ne se fatigue pas de pardonner, mais nous, parfois, nous nous fatiguons de demander pardon.     Ne nous fatiguons jamais, ne nous fatiguons jamais ! Lui est le Père plein d’amour qui toujours pardonne, qui a ce c½ur de miséricorde pour nous tous. Et nous aussi apprenons à être miséricordieux avec tous. Invoquons l’intercession de la Vierge qui a eu entre ses bras la Miséricorde de Dieu fait homme.

 

 

1er avril 2013 – Regina Caeli

     Avec la grâce du baptême et de la communion eucharistique je peux devenir l’instrument de la miséricorde de Dieu, de cette belle miséricorde de Dieu.

 

 

 

 

 

 

7 avril 2013 – Regina Caeli

     « La paix soit avec vous ! » (Jn 20, 19.21.26). Ce n’est pas un salut, ni un simple v½u : c’est un don, et même le don précieux que le Christ offre à ses disciples après être passé par la mort et les enfers. Il donne la paix, comme il l’avait promis : « Je vous laisse la paix ; c’est ma paix que je vous donne; je ne vous la donne pas comme le monde la donne » (Jn 14, 27). Cette paix est le fruit de la victoire de l’amour de Dieu sur le mal, c’est le fruit du pardon. Et il en va ainsi : la vraie paix, la paix profonde, vient de l’expérience de la Miséricorde de Dieu. Aujourd’hui, c’est le dimanche de la Divine Miséricorde, par volonté du bienheureux Jean-Paul II, qui quitta ce monde précisément en la veille de cette fête.

     L’Évangile de Jean nous rapporte que Jésus apparut deux fois aux apôtres enfermés au Cénacle : la première, le soir même de la résurrection, en l’absence de Thomas, qui a dit : si je ne vois et si je ne touche pas, je ne crois pas. La seconde fois, huit jours plus tard, Thomas était là lui aussi. Et Jésus s’adressa précisément à lui, l’invita à regarder les blessures, à les toucher ; et Thomas s’exclama : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » (Jn 20, 28). Jésus lui dit alors : « Parce que tu me vois, tu crois. Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru » (v. 29). Et qui étaient ceux qui avaient cru sans voir ? D’autres disciples, d’autres hommes et femmes de Jérusalem qui, même sans avoir rencontré Jésus ressuscité, crurent sur le témoignage des apôtres et des femmes. C’est une parole très importante sur la foi, nous pouvons l’appeler la béatitude de la foi. Heureux ceux qui croient sans avoir vu : telle est la béatitude de la foi ! En tout temps et en tout lieu, heureux ceux qui, à travers la Parole de Dieu, proclamée dans l’Église et témoignée par les chrétiens, croient que Jésus Christ est l’amour de Dieu incarné, la Miséricorde incarnée. Et ceci vaut pour chacun de nous !

     Avec sa paix, Jésus donna aussi l’Esprit Saint aux apôtres, afin qu’ils puissent répandre dans le monde le pardon des péchés, ce pardon que seul Dieu peut donner, et qui a coûté le Sang du Fils (cf. Jn 20, 21-23). L’Église est envoyée par le Christ ressuscité pour transmettre aux hommes la rémission des péchés, et ainsi faire grandir le Royaume de l’amour, semer la paix dans les c½urs, afin qu’elle s’affirme aussi dans les relations, dans les sociétés, dans les institutions. Et l’Esprit du Christ Ressuscité chasse la peur du c½ur des apôtres et les pousse à sortir du Cénacle pour apporter l’Évangile. Ayons nous aussi plus de courage pour témoigner de la foi dans le Christ Ressuscité ! Nous ne devons pas avoir peur d’être chrétiens et de vivre en chrétiens ! Nous devons avoir ce courage d’aller et d’annoncer le Christ Ressuscité car Il est notre paix, Il a fait la paix à travers son amour, son pardon, son sang et sa Miséricorde.

 

21 avril – Homélie de la Messe d’Ordinations

     Quant à vous, frères et fils bien-aimés, qui allez entrer dans l’ordre des prêtres, considérez qu’en exerçant le ministère de la Sainte Doctrine, vous participerez à la mission du Christ, l’unique Maître. Communiquez à tous cette Parole de Dieu, que vous-mêmes vous avez reçue avec joie. Souvenez-vous de vos mères, de vos grand-mères, de vos catéchistes, qui vous ont donné la Parole de Dieu, la foi … le don de la foi ! Ils vous ont transmis ce don de la foi. Lisez et méditez assidûment la Parole du Seigneur pour croire ce que vous lisez, enseigner ce que vous avez appris dans la foi, vivre ce que vous avez enseigné. Rappelez-vous aussi que vous n’êtes pas propriétaires de la Parole de Dieu : c’est la Parole de Dieu. Et l’Église est la gardienne de la Parole de Dieu.

     Vous allez faire entrer de nouveaux fidèles dans le Peuple de Dieu par le baptême. Vous remettrez les péchés, par le sacrement de la pénitence, au nom du Christ et de l’Église. Et aujourd’hui, je vous le demande au nom du Christ et de l’Église : s’il vous plaît, soyez sans cesse miséricordieux. Par l’onction d’huile sainte vous fortifierez les malades ainsi que les personnes âgées : n’ayez pas honte d’avoir de la tendresse pour les personnes âgées. En célébrant les actions liturgiques et en offrant au long du jour la prière de louange et de supplication, vous vous ferez la voix du Peuple de Dieu et de l’humanité entière.

 

    

 

16 juin 2013 – Homélie Messe Evangelium Vitae – Année de la Foi

     Le Second livre de Samuel, nous parle de vie et de mort. Le roi David veut cacher l’adultère commis avec la femme d’Urie le Hittite, un soldat de son armée, et pour faire cela, il ordonne de placer Urie en première ligne pour qu’il soit tué dans la bataille. La Bible nous montre le drame humain dans toute sa réalité, le bien et le mal, les passions, le péché et ses conséquences. Quand l’homme veut s’affirmer soi-même, s’enfermant dans son égoïsme et se mettant à la place de Dieu, il finit par semer la mort. L’adultère du roi David en est un exemple. Et l’égoïsme porte au mensonge, par lequel on cherche à tromper soi-même et le prochain. Mais Dieu, on ne peut le tromper, et nous avons entendu comment le prophète dit à David : tu as fait ce qui est mal aux yeux de Dieu (cf. 2S 12,9). Le roi est mis en face de ses ½uvres de mort - en vérité ce qu’il a fait est une ½uvre de mort, et non de vie -, il comprend et demande pardon : « J’ai péché contre le Seigneur ! » (v.13), et le Dieu miséricordieux qui veut la vie et qui toujours nous pardonne, lui pardonne, lui rend la vie ; le prophète lui dit : « Le Seigneur a pardonné ton péché : tu ne mourras pas ». Quelle image avons-nous de Dieu ? Peut-être nous apparaît-il comme un juge sévère, comme quelqu’un qui limite notre liberté de vivre. Mais toute l’Écriture nous rappelle que Dieu est le Vivant, celui qui donne la vie et indique le chemin de la vie en plénitude.

Jésus rencontre une femme pécheresse durant un repas dans la maison d’un pharisien, suscitant le scandale de ceux qui sont présents : Jésus se laisse approcher par une pécheresse et même lui remet les péchés, disant : « Si ses nombreux péchés sont pardonnés, c’est à cause de son grand amour. Mais celui à qui on pardonne peu montre, montre peu d’amour » (Lc 7,47). Jésus est l’incarnation du Dieu vivant, Celui qui porte la vie face à tant d’½uvres de mort, face au péché, à l’égoïsme, à la fermeture sur soi-même. Jésus accueille, aime, soulage, encourage, pardonne et donne d’une façon nouvelle la force de marcher, redonne vie. Dans tout l’évangile, nous voyons comment Jésus, par les gestes et les paroles, porte la vie de Dieu qui transforme. C’est l’expérience de la femme qui oint avec du parfum les pieds du Seigneur : elle se sent comprise, aimée, et répond par un geste d’amour, se laisse toucher par la miséricorde de Dieu et obtient le pardon, elle commence une nouvelle vie. Dieu, le Vivant, est miséricordieux.

 

27 octobre 2013 – Homélie Messe avec les familles – Année de la Foi

     Le passage de l’Évangile met en évidence deux façons de prier, une qui est fausse – celle du pharisien - et l’autre qui est authentique – celle du publicain. Le pharisien incarne un comportement qui n’exprime pas l’action de grâce à Dieu pour ses bienfaits et sa miséricorde, mais plutôt l’autosatisfaction. Le pharisien se sent juste, il se sent correct, il se rengorge de cela et il juge les autres du haut de son piédestal. Le publicain, au contraire, ne multiplie pas les paroles. Sa prière est humble, modeste, empreinte de la conscience de son indignité, de ses misères : cet homme vraiment admet qu’il a besoin du pardon de Dieu, de la miséricorde de Dieu.

     La prière du publicain est celle du pauvre, c’est la prière qui plaît à Dieu et, qui « parvient jusqu’au ciel » (Sir 35, 20), alors que celle du pharisien est alourdie par le poids de la vanité.

     À la lumière de cette Parole, je voudrais vous demander, chères familles : priez-vous parfois en famille ? Quelqu’un oui, je le sais. Mais beaucoup me disent : mais comment on fait ? Mais, on fait comme le publicain, c’est clair : humblement, devant Dieu. Que chacun, avec humilité, se laisse regarder par le Seigneur et demande sa bonté, pour qu’elle vienne à nous. Mais, en famille, comment on fait ? Parce que la prière semble être une affaire personnelle, et puis il n’y a jamais un moment favorable, tranquille, en famille… Oui, c’est vrai, mais c’est aussi une question d’humilité, de reconnaître que nous avons besoin de Dieu, comme le publicain ! Et toutes les familles ! Nous avons besoin de Dieu : tous, tous ! Nous avons besoin de son aide, de sa force, de sa bénédiction, de sa miséricorde, de son pardon. Et il faut de la simplicité : prier en famille, il faut de la simplicité ! Prier ensemble le « Notre Père », autour de la table, n’est pas quelque chose d’extraordinaire : c’est facile. Et prier le Rosaire ensemble, en famille, c’est très beau, ça donne beaucoup de force ! Et aussi prier les uns pour les autres : l’époux pour l’épouse, l’épouse pour l’époux, tous les deux pour les enfants, les enfants pour les parents, pour les grands-parents… Prier les uns pour les autres. C’est prier en famille, et cela renforce la famille : la prière !

 

14 novembre 2013 – Au Président de la République Italienne, au Palais du Quirinal

     Le moment actuel est marqué par la crise économique qui peine à être surmontée, et dont l’un des effets les plus douloureux est celui d’une disponibilité insuffisante de travail. Il est nécessaire de multiplier les efforts en vue d’en soulager les conséquences et de saisir et renforcer tout signe de reprise.

     Le devoir fondamental qui revient à l’Église est celui de témoigner de la miséricorde de Dieu et d’encourager des réponses généreuses de solidarité pour ouvrir à un avenir d’espérance ; parce que là où croît l’espérance se multiplient également les énergies et l’engagement en vue de la construction d’un ordre social et civil plus humain et plus juste, et de nouvelles potentialités apparaissent en vue d’un développement durable et sain.

     Au c½ur des espérances et des difficultés sociales se trouve la famille. Avec une conviction renouvelée, l’Église continue de promouvoir l’engagement de tous, personnes et institutions, en vue du soutien à la famille, qui est le lieu fondamental dans lequel se forme et croît l’être humain, dans lequel on apprend les valeurs et les exemples qui les rendent crédibles. La famille a besoin de la stabilité et de la reconnaissance des liens réciproques, pour accomplir pleinement son devoir irremplaçable et réaliser sa mission. Tandis qu’elle met à disposition de la société ses énergies, elle demande à être appréciée, valorisée et protégée

 

23 novembre 2013 – Rencontre avec les catéchumènes dans la Basilique Saint Pierre – Année de la Foi

     Le désir de Dieu. Ce désir est évoqué par la parole du psalmiste : « Comme un cerf altéré cherche l’eau vive, ainsi mon âme te cherche ô mon Dieu. Mon âme a soif de Dieu, du Dieu vivant : quand viendrai-je et verrai-je le visage de Dieu. » (Ps 42,2-3).

      Comme il est important de conserver vivant ce désir, cette aspiration à la rencontre du Seigneur et de faire l’expérience de Lui, de faire l’expérience de son amour, de faire l’expérience de sa miséricorde !

 

 

2014

 

 

 

30 janvier 2014, aux Evêques d’Autriche en Visite Ad Limina

     La confession est le lieu où nous faisons l’expérience de l’amour miséricordieux de Dieu et où nous rencontrons le Christ, qui nous donne la force de la conversion et d’une nouvelle vie.

 

 

7 février 2014, aux Evêques de Pologne en Visite Ad Limina

     Dans la mesure où l’on observe aussi un certain fléchissement de la vie chrétienne, sous divers aspects, un discernement est nécessaire, ainsi qu’une recherche des motifs et des moyens d’aborder les nouveaux défis comme, par exemple, l’idée d’une liberté sans limites, une tolérance hostile ou méfiante vis-à-vis de la vérité, ou encore un ressentiment envers la juste opposition de l’Église au relativisme dominant. Avant tout, dans le cadre de la pastorale ordinaire, je voudrais centrer votre attention sur la famille, « cellule de base de la société », « lieu où l’on apprend à vivre ensemble dans la différence et à appartenir à d’autres, et où les parents transmettent la foi à leurs enfants » (Exhort. apost. Evangelii gaudium, 66).

     Mais aujourd’hui, le mariage est souvent considéré comme une forme de gratification affective qui peut s’exprimer de n’importe quelle façon et être modifiée selon la sensibilité de chacun (cf. ibid.). Malheureusement, cette vision a une influence sur la mentalité des chrétiens, facilitant le recours au divorce ou à la séparation de fait. Les pasteurs sont appelés à se demander comment aider ceux qui vivent dans cette situation, afin qu’ils ne se sentent pas exclus de la miséricorde de Dieu, de l’amour fraternel d’autres chrétiens et de la sollicitude de l’Église pour leur salut ; ils doivent aussi chercher comment les aider à ne pas abandonner la foi et à élever leurs enfants dans la plénitude de l’expérience chrétienne.

    

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2016

 

 

 

 

1er janvier 2016 – Homélie de la Messe

     Chaque jour, tandis que nous voudrions être soutenus par des signes de la présence de Dieu, nous devons rencontrer des signes opposés, négatifs, qui le font plutôt sentir comme absent. La plénitude des temps semble s’effriter devant les multiples formes d’injustice et de violence qui blessent chaque jour l’humanité. Parfois nous nous demandons : comment est-il possible que perdure le mépris de l’homme par l’homme ?, que l’arrogance du plus fort continue à humilier le plus faible, le reléguant aux marges les plus sordides de notre monde ? Jusqu’à quand la méchanceté humaine sèmera sur la terre violence et haine, provoquant d’innocentes victimes ? Comment ce peut être le temps de la plénitude, ce que nous donnent à voir des multitudes d’hommes, de femmes et d’enfants qui fuient la guerre, la faim, la persécution, disposés à risquer leur vie pour voir respectés leurs droits fondamentaux ? Un fleuve de misère, alimenté par le péché, semble contredire la plénitude des temps réalisée par le Christ.

     Pourtant, ce fleuve en crue ne peut rien contre l’océan de miséricorde qui inonde notre monde. Nous sommes tous appelés à nous immerger dans cet océan, à nous laisser régénérer, pour vaincre l’indifférence qui empêche la solidarité, et sortir de la fausse neutralité qui empêche le partage. La grâce du Christ, qui porte l’attente du salut à son accomplissement, nous pousse à devenir ses coopérateurs dans la construction d’un monde plus juste et fraternel, où chaque personne et chaque créature puisse vivre en paix, dans l’harmonie de la création originaire de Dieu…

     … Là où ne peut arriver la raison des philosophes ni les négociations de la politique, là peut arriver la force de la foi qui porte la grâce de l’Évangile du Christ, et qui peut toujours ouvrir de nouvelles voies à la raison et aux négociations.

 

 

1er janvier 2016 – Homélie de la Messe à Sainte Marie Majeure, pour l’ouverture de la Porte Sainte

     Salve, Mater misericordiae!

     C’est avec ce salut que nous voulons nous tourner vers la Vierge Marie dans la Basilique romaine qui lui est dédiée avec le titre de Mère de Dieu. C’est le début d’une hymne antique, que nous chanterons à la fin de cette Eucharistie, remontant à un auteur inconnu et arrivé jusqu’à nous comme une prière qui jaillit spontanément du c½ur des croyants : “Salut, Mère de miséricorde, Mère de Dieu et Mère du pardon, Mère de l’espérance et Mère de la grâce, Mère remplie d’une sainte joie”. Dans ces quelques paroles se trouve la synthèse de la foi de générations de personnes qui, gardant leurs yeux fixés sur l’icône de la Vierge, lui demandent l’intercession et la consolation.

     Il est plus que jamais approprié qu’en ce jour nous invoquions la Vierge Marie, par-dessus tout comme Mère de la miséricorde. La Porte Sainte que nous avons ouverte est de fait une Porte de la Miséricorde. Quiconque passe ce seuil est appelé à s’immerger dans l’amour miséricordieux du Père, avec une pleine confiance et sans aucune crainte ; et il peut repartir de cette Basilique avec la certitude – avec la certitude – qu’il aura à ses côtés la compagnie de Marie. Elle est Mère de la miséricorde, parce qu’elle a engendré dans son sein le Visage même de la divine miséricorde, Jésus, l’Emmanuel, Celui qui est attendu par tous les peuples, le « prince de la paix » (Is 9,5). Le Fils de Dieu fait chair pour notre salut, nous a donné sa Mère qui, avec nous, se fait pèlerine pour que nous ne soyons jamais seuls sur le chemin de notre vie, surtout dans les moments d’incertitude et de souffrance.

     Marie est Mère de Dieu, elle est Mère de Dieu qui pardonne, qui donne le pardon, et pour cela nous pouvons dire qu’elle est Mère du pardon. Cette parole - “pardon” – bien incomprise de la mentalité mondaine, indique par contre le fruit propre, original de la foi chrétienne. Celui qui ne sait pas pardonner n’a pas encore connu la plénitude de l’amour. Et seul celui qui aime vraiment est en mesure d’arriver jusqu’au pardon, en oubliant l’offense reçue. Au pied de la Croix, Marie voit son Fils qui s’offre totalement et témoigne ainsi ce que signifie aimer comme Dieu aime. En ce moment elle entend prononcer par Jésus des paroles qui viennent probablement de ce qu’elle-même lui avait enseigné dès qu’il était enfant : « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23, 34). En ce moment, Marie est devenue pour nous tous Mère du pardon. Elle-même, à l’exemple de Jésus et avec sa grâce, a été capable de pardonner à tous ceux qui étaient en train de faire mourir son Fils innocent.

     Pour nous, Marie devient une icône de la manière dont l’Église doit étendre le pardon à tous ceux qui le demandent. La Mère du pardon enseigne à l’Église que le pardon offert sur le Golgotha ne connaît pas de limites. La loi avec ses subtilités ne peut l’arrêter, ni la sagesse de ce monde avec ses distinctions. Le pardon de l’Église doit avoir la même extension que celui de Jésus sur la Croix, et de Marie à ses pieds. Il n’y a pas d’alternative. C’est pourquoi l’Esprit Saint a rendu les apôtres instruments efficaces du pardon, afin que tout ce qui a été obtenu par la mort de Jésus puisse rejoindre tout homme en tout lieu et en tout temps (cf. Jn 20, 19-23).

     L’hymne marial, enfin, continue en disant : «Mère de l’espérance et Mère de la grâce, Mère remplie d’une sainte joie ». L’espérance, la grâce et la sainte joie sont s½urs : toutes sont du Christ, et même, elles sont d’autres de ses noms, écrits, pour ainsi dire, dans sa chair. Le cadeau que Marie nous donne en nous donnant Jésus Christ est celui du pardon qui renouvelle la vie, qui vous permet d’accomplir de nouveau la volonté de Dieu, et qui remplit la vie d’un vrai bonheur. Cette grâce ouvre le c½ur pour regarder l’avenir avec la joie de celui qui espère. C’est l’enseignement qui provient aussi du Psaume : « Crée en moi un c½ur pur, ô mon Dieu, renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit. […] Rends-moi la joie d’être sauvé » (50, 12.14). La force du pardon est le véritable antidote à la tristesse provoquée par la rancune et la vengeance. Le pardon ouvre à la joie et à la sérénité parce qu’il libère l’âme des pensées de mort, tandis que la rancune et la vengeance poussent l’esprit à la révolte et déchirent le c½ur, lui ôtant le repos et la paix. La rancune et la vengeance sont de vilaines choses.

     Franchissons donc la Porte Sainte de la Miséricorde avec la certitude de la compagnie de la Vierge Mère, la Sainte Mère de Dieu, qui intercède pour nous. Laissons-nous accompagner par elle pour redécouvrir la beauté de la rencontre avec son Fils Jésus. Ouvrons tout grand notre c½ur à la joie du pardon, conscients de l’espérance confiante qui nous est rendue, pour faire de notre existence quotidienne un humble instrument de l’amour de Dieu.

Et avec l’amour des enfants acclamons-la avec les paroles mêmes du peuple d’Éphèse, au temps du Concile historique : “Sainte Mère de Dieu !”. Et je vous invite, tous ensemble, à faire cette acclamation trois fois, avec force, de tout c½ur et avec amour. Tous ensemble : « Sainte Mère de Dieu ! Sainte Mère de Dieu ! Sainte Mère de Dieu ! ».

 

 

 

9 juin 2016 -  Aux dirigeants des Ordres des médecins d’Espagne et d’Amérique latine.

     Cette année, l’Église catholique célèbre le jubilé de la miséricorde ; c’est une bonne occasion pour exprimer ma reconnaissance et ma gratitude à tous les professionnels de la santé qui, à travers leur dévouement, leur proximité et leur professionnalisme à l’égard des personnes atteinte d’une maladie, peuvent devenir une véritable personnification de la miséricorde. L’identité et l’engagement du médecin ne se fondent pas seulement sur la science et sur la compétence technique, mais aussi et surtout sur son attitude pleine de compassion — souffrir-avec — et miséricordieuse envers ceux qui souffrent dans leur corps et dans leur esprit. La compassion est, dans un certain sens, l’âme même de la médecine. La compassion, ce n’est pas éprouver de la peine, mais souffrir-avec.

     Dans notre culture technologique et individualiste, la compassion n’est pas toujours bien vue ; elle est parfois même méprisée parce qu’elle signifie soumettre la personne qui la reçoit à une humiliation. Et ceux qui se cachent derrière une prétendue compassion pour justifier et approuver la mort d’un malade ne manquent pas non plus. Mais il n’en est pas ainsi. La véritable compassion ne marginalise personne, elle n’humilie pas la personne, elle ne l’exclut pas et considère encore moins sa disparition comme quelque chose de bon. La véritable compassion la prend en charge. Vous savez bien que cela signifierait le triomphe de l’égoïsme, de cette « culture du rebut » qui refuse et méprise les personnes qui ne répondent pas à des critères de santé, de beauté et d’utilité déterminés. J’aime bénir les mains des médecins comme signe de reconnaissance de cette compassion qui se fait caresse de santé.

      La santé est l’un de dons les plus précieux et les plus désirés de tous. Dans la tradition biblique, la proximité entre le salut et la santé a toujours été soulignée, ainsi que leurs nombreuses implications réciproques. J’aime à rappeler le titre par lequel les pères de l’Église avaient l’habitude d’appeler le Christ et son ½uvre de salut. Christus medicus, Christ médecin. Il est le Bon Pasteur qui prend soin de la brebis blessée et réconforte celle qui est malade ( cf. Ez 34, 16 ). Il est le Bon Samaritain qui ne passe pas son chemin devant une personne blessée sur le bord de la route, mais qui, animé par la compassion, la soigne et l’assiste  ( cf. Lc 10, 33-34 ). La tradition médicale chrétienne s’est toujours inspirée de la parabole du Bon Samaritain. C’est une identification à l’amour du Fils de Dieu, « qui a passé en faisant le bien et en guérissant tous ceux qui étaient opprimés » ( cf. Ac 10, 38 ). Comme cela fait du bien à l’exercice de la médecine de penser et de sentir que la personne malade est notre prochain, qu’elle est de notre même chair et de notre même sang, et que dans son corps déchiré se reflète le mystère de la chair du Christ lui-même ! « Dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » ( Mt 25, 40 ).

     La compassion, ce souffrir-avec est la réponse adaptée à la valeur immense de la personne malade, une réponse faite de respect, de compréhension et de tendresse, car la valeur sacrée de la vie du malade ne disparaît pas et ne s’obscurcit jamais, mais elle resplendit avec plus de force précisément dans sa souffrance et dans sa vulnérabilité. Comme l’on comprend bien la recommandation de saint Camille de Lellis pour assister les malades. Il dit ainsi : « Mettez plus de c½ur dans ces mains ». La fragilité, la douleur et la maladie sont une dure épreuve pour tous, également pour le personnel médical, elles sont un appel à la patience, au souffrir-avec ; on ne peut donc pas céder à la tentation fonctionnaliste d’appliquer des solutions rapides et draconiennes, animés par une fausse compassion ou par de purs critères d’efficacité et d’épargne économique. Ce qui est en jeu est la dignité de la vie humaine ; ce qui est en jeu est la dignité de la vocation médicale. Je reviens à ce que j’ai dit sur le fait de bénir les mains des médecins. Et bien que dans l’exercice de la médecine, techniquement parlant, l’asepsie soit nécessaire, au c½ur de la vocation médicale l’asepsie va contre la compassion ; l’asepsie est un moyen technique nécessaire dans l’exercice de celle-ci, mais elle ne doit jamais conditionner l’essentiel de ce c½ur plein de compassion. Elle ne doit jamais conditionner le fait de «mettre plus de c½ur dans ces mains ».

     Chers amis, je vous assure de mon estime pour l’effort que vous accomplissez pour ennoblir chaque jour votre profession et pour accompagner, sauvegarder et valoriser l’immense don représenté par les personnes qui souffrent à cause de la maladie. Je vous assure de ma prière pour vous : vous pouvez faire tant de bien, tant de bien ; pour vous et pour vos familles, car que de fois vos familles doivent accompagner, en la soutenant, la vocation du médecin, homme ou femme, qui est comme un sacerdoce. Et je vous demande également de ne pas cesser de prier pour moi, qui suis un peu comme un médecin.

 

 

 2020

 

19 avril 2020 – Homélie de la Messe célébrée au sanctuaire de la  Miséricorde Divine près du Vatican.

      Dimanche dernier, nous avons célébré la résurrection du Maître. Aujourd’hui, nous assistons à la résurrection du disciple. Une semaine s’est écoulée, une semaine que les disciples, bien qu’ayant vu le Ressuscité, ont passée dans la peur, « les portes verrouillées » (Jn 20, 26), sans même réussir à convaincre de la résurrection l’unique absent, Thomas. Que fait Jésus face à cette incrédulité craintive ? Il revient, il se met dans la même position, « au milieu » des disciples et répète la même salutation : « La paix soit avec vous !» (Jn 20, 19.26). Il recommence tout depuis le début. La résurrection du disciple commence ici, à partir de cette miséricorde fidèle et patiente, à partir de la découverte que Dieu ne se lasse pas de nous tendre la main pour nous relever de nos chutes. Il veut que nous le voyions ainsi : non pas comme un patron à qui nous devons rendre des comptes, mais comme notre Papa qui nous relève toujours. Dans la vie, nous avançons à tâtons, comme un enfant qui commence à marcher mais qui tombe. Quelques pas et il tombe encore ; il tombe et retombe, et chaque fois le papa le relève. La main qui nous relève est toujours la miséricorde : Dieu sait que sans miséricorde, nous restons à terre, que pour marcher, nous avons besoin d’être remis debout.

      Et tu peux objecter : ‘‘Mais je ne cesse jamais de tomber !’’. Le Seigneur le sait et il est toujours prêt à te relever. Il ne veut pas que nous repensions sans arrêt à nos chutes, mais que nous le regardions lui qui, dans les chutes, voit des enfants à relever, dans les misères voit des enfants à aimer avec miséricorde. Aujourd’hui, dans cette église devenue sanctuaire de la miséricorde à Rome, en ce dimanche que saint Jean-Paul II a consacré à la Miséricorde Divine il y a vingt ans, accueillons avec confiance ce message. Jésus a dit à sainte Faustine : « Je suis l’amour et la miséricorde même ; il n’est pas de misère qui puisse se mesurer avec ma miséricorde » (Journal, 14 septembre 1937). Une fois, la Sainte a dit à Jésus, avec satisfaction, d’avoir offert toute sa vie, tout ce qu’elle possédait. Mais la réponse de Jésus l’a bouleversée : « Tu ne m’as pas offert ce qui t’appartient vraiment ». Qu’est-ce que cette sainte religieuse avait gardé pour elle ? Jésus lui dit avec douceur : « ‘‘Ma fille, donne-moi ta misère’’ » (10 octobre 1937). Nous aussi, nous pouvons nous demander : ‘‘Ai-je donné ma misère au Seigneur ? Lui ai-je montré mes chutes afin qu’il me relève ?’’ Ou alors il y a quelque chose que je garde encore pour moi ? Un péché, un remords concernant le passé, une blessure que j’ai en moi, une ranc½ur envers quelqu’un, une idée sur une certaine personne. Le Seigneur attend que nous lui apportions nos misères, pour nous faire découvrir sa miséricorde.

      Revenons aux disciples ! Ils avaient abandonné le Seigneur durant la passion et ils se sentaient coupables. Mais Jésus, en les rencontrant, ne fait pas de longues prédications. À eux qui étaient blessés intérieurement, il montre ses plaies. Thomas peut les toucher et il découvre l’amour ; il découvre combien Jésus avait souffert pour lui qui l’avait abandonné. Dans ces blessures, il touche du doigt la proximité amoureuse de Dieu. Thomas, qui était arrivé en retard, quand il embrasse la miséricorde, dépasse les autres disciples : il ne croit pas seulement à la résurrection, mais à l’amour sans limites de Dieu. Et il se livre à la confession de foi la plus simple et la plus belle : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » (v. 28). Voilà la résurrection du disciple : elle s’accomplit quand son humanité fragile et blessée entre dans celle de Jésus. Là, les doutes se dissipent, là Dieu devient mon Dieu, là on recommence à s’accepter soi-même et à aimer sa propre vie.

      Chers frères et s½urs, dans l’épreuve que nous sommes en train de traverser, nous aussi, comme Thomas, avec nos craintes et nos doutes, nous nous sommes retrouvés fragiles. Nous avons besoin du Seigneur, qui voit en nous, au-delà de nos fragilités, une beauté indélébile. Avec lui, nous nous redécouvrons précieux dans nos fragilités. Nous découvrons que nous sommes comme de très beaux cristaux, fragiles et en même temps précieux. Et si, comme le cristal, nous sommes transparents devant lui, sa lumière, la lumière de la miséricorde, brille en nous, et à travers nous, dans le monde. Voilà pourquoi il nous faut, comme nous l’a dit la Lettre de Pierre, exulter de joie, même si nous devons être affligés, pour un peu de temps encore, par toutes sortes d’épreuves (cf. 1P 1, 6).

     En cette fête de la Miséricorde Divine, la plus belle annonce se réalise par l’intermédiaire du disciple arrivé en retard. Manquait seul lui, Thomas. Mais le Seigneur l’a attendu. Sa miséricorde n’abandonne pas celui qui reste en arrière. Maintenant, alors que nous pensons à une lente et pénible récupération suite à la pandémie, menace précisément ce danger : oublier celui qui est resté en arrière. Le risque, c’est que nous infecte un virus pire encore, celui de l’égoïsme indifférent. Il se transmet à partir de l’idée que la vie s’améliore si cela va mieux pour moi, que tout ira bien si tout ira bien pour moi. On part de là et on en arrive à sélectionner les personnes, à écarter les pauvres, à immoler sur l’autel du progrès celui qui est en arrière. Cette pandémie nous rappelle cependant qu’il n’y a ni différences ni frontières entre ceux qui souffrent. Nous sommes tous fragiles, tous égaux, tous précieux. Ce qui est en train de se passer nous secoue intérieurement : c’est le temps de supprimer les inégalités, de remédier à l’injustice qui mine à la racine la santé de l’humanité tout entière ! Mettons-nous à l’école de la communauté chrétienne des origines, décrite dans le livre des Actes des Apôtres ! Elle avait reçu miséricorde et vivait la miséricorde : « Tous les croyants vivaient ensemble, et ils avaient tout en commun ; ils vendaient leurs biens et leurs possessions, et ils en partageaient le produit entre tous en fonction des besoins de chacun » (Ac 2, 44-45). Ce n’est pas une idéologie, c’est le christianisme.

      Dans cette communauté, après la résurrection de Jésus, un seul était resté en arrière et les autres l’ont attendu. Aujourd’hui, c’est le contraire qui semble se passer : une petite partie de l’humanité est allée de l’avant, tandis que la majorité est restée en arrière. Et chacun pourrait dire : « Ce sont des problèmes complexes, il ne me revient pas de prendre soin des personnes dans le besoin, d’autres doivent y penser !’’. Sainte Faustine, après avoir rencontré Jésus, a écrit : « Dans une âme souffrante, nous devons voir Jésus crucifié et non un parasite et un poids… [Seigneur], tu nous donnes la possibilité de pratiquer les ½uvres de miséricorde et nous nous livrons à des jugements » (Journal, 6 septembre 1937). Cependant, elle-même s’est plainte un jour à Jésus qu’en étant miséricordieux on passe pour un naïf. Elle a dit : « Seigneur, on abuse souvent de ma bonté ». Et Jésus a répondu : « Peu importe, ma fille, ne t’en soucie pas, toi, sois toujours miséricordieuse envers tout le monde » (24 décembre 1937). Envers tous : ne pensons pas uniquement à nos intérêts, aux intérêts partisans. Saisissons cette épreuve comme une occasion pour préparer l’avenir de tous, sans écarter personne : de tous. En effet, sans une vision d’ensemble, il n’y aura d’avenir pour personne.

     Aujourd’hui, l’amour désarmé et désarmant de Jésus ressuscite le c½ur du disciple. Nous aussi, comme l’apôtre Thomas, accueillons la miséricorde, salut du monde. Et soyons miséricordieux envers celui qui est plus faible : ce n’est qu’ainsi que nous construirons un monde nouveau.

 

publié le : 19 avril 2020

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