François de A à Z

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Miséricorde Divine

2013

 

 

17 mars 2013 - Angelus

     L’Évangile nous présente l’épisode de la femme adultère (cf. Jn 8, 1-11), que Jésus sauve de la condamnation à mort. On est frappé par l’attitude de Jésus : nous n’entendons pas des paroles de mépris, nous n’entendons pas des paroles de condamnation, mais seulement des paroles d’amour, de miséricorde, qui invitent à la conversion. « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, désormais ne pèche plus ! » (v. 11). Eh !, frères et sœurs, le visage de Dieu est celui d’un père miséricordieux, qui a toujours de la patience. Avez-vous pensé, vous, à la patience de Dieu, la patience qu’il a avec chacun de nous ? Telle est sa miséricorde. Il a toujours de la patience, de la patience avec nous, il nous comprend, nous attend, il ne se fatigue pas de nous pardonner si nous savons revenir à lui avec le cœur contrit. « Grande est la miséricorde du Seigneur », dit le Psaume.

     Un peu de miséricorde rend le monde moins froid et plus juste. Nous avons besoin de bien comprendre cette miséricorde de Dieu, ce Père miséricordieux qui a une telle patience... Souvenons-nous du prophète Isaïe, qui affirme que même si nos péchés étaient rouges écarlates, l’amour de Dieu les rendra blancs comme neige. C’est beau, la miséricorde ! Je me souviens, à peine devenu évêque, en l’année 1992, est arrivée à Buenos Aires la Vierge de Fatima et l’on a fait une grande messe pour les malades. Je suis allé confesser, lors de cette messe. Et presque à la fin de la messe, je me suis levé, je devais administrer une confirmation. Est venue à moi une femme âgée, humble, très humble, elle avait plus de quatre-vingts ans. Je l’ai regardée et je lui ai dit : « Grand-mère — parce que chez nous, nous appelons ainsi les personnes âgées : grand-mère — vous voulez vous confesser ? ». « Oui !», m’a-t-elle dit. « Mais si vous n’avez pas péché... ». Et elle m’a dit : « Nous avons tous péché... ! ». « Mais peut-être le Seigneur ne les pardonne pas... ». « Le Seigneur pardonne tout !», m’a-t-elle dit : sûre d’elle. « Mais comment le savez-vous, vous, Madame ? ». « Si le Seigneur ne pardonnait pas tout, le monde n’existerait pas ». Il m’est venue l’envie de lui demander : « Dites-moi, Madame, vous avez étudié à la Grégorienne ? », parce que cela est la sagesse que donne l’Esprit Saint ; la sagesse intérieure vers la miséricorde de Dieu. N’oublions pas cette parole : Dieu ne se fatigue jamais de nous pardonner, jamais ! « Eh, mon père, quel est le problème ? ». Eh, le problème est que nous, nous nous fatiguons ! Nous ne voulons pas ! Nous nous fatiguons de demander pardon ! Lui ne se fatigue pas de pardonner, mais nous, parfois, nous nous fatiguons de demander pardon.     Ne nous fatiguons jamais, ne nous fatiguons jamais ! Lui est le Père plein d’amour qui toujours pardonne, qui a ce cœur de miséricorde pour nous tous. Et nous aussi apprenons à être miséricordieux avec tous. Invoquons l’intercession de la Vierge qui a eu entre ses bras la Miséricorde de Dieu fait homme.

 

 

1er avril 2013 – Regina Caeli

     Avec la grâce du baptême et de la communion eucharistique je peux devenir l’instrument de la miséricorde de Dieu, de cette belle miséricorde de Dieu.

 

 

 

 

 

 

7 avril 2013 – Regina Caeli

     « La paix soit avec vous ! » (Jn 20, 19.21.26). Ce n’est pas un salut, ni un simple vœu : c’est un don, et même le don précieux que le Christ offre à ses disciples après être passé par la mort et les enfers. Il donne la paix, comme il l’avait promis : « Je vous laisse la paix ; c’est ma paix que je vous donne; je ne vous la donne pas comme le monde la donne » (Jn 14, 27). Cette paix est le fruit de la victoire de l’amour de Dieu sur le mal, c’est le fruit du pardon. Et il en va ainsi : la vraie paix, la paix profonde, vient de l’expérience de la Miséricorde de Dieu. Aujourd’hui, c’est le dimanche de la Divine Miséricorde, par volonté du bienheureux Jean-Paul II, qui quitta ce monde précisément en la veille de cette fête.

     L’Évangile de Jean nous rapporte que Jésus apparut deux fois aux apôtres enfermés au Cénacle : la première, le soir même de la résurrection, en l’absence de Thomas, qui a dit : si je ne vois et si je ne touche pas, je ne crois pas. La seconde fois, huit jours plus tard, Thomas était là lui aussi. Et Jésus s’adressa précisément à lui, l’invita à regarder les blessures, à les toucher ; et Thomas s’exclama : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » (Jn 20, 28). Jésus lui dit alors : « Parce que tu me vois, tu crois. Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru » (v. 29). Et qui étaient ceux qui avaient cru sans voir ? D’autres disciples, d’autres hommes et femmes de Jérusalem qui, même sans avoir rencontré Jésus ressuscité, crurent sur le témoignage des apôtres et des femmes. C’est une parole très importante sur la foi, nous pouvons l’appeler la béatitude de la foi. Heureux ceux qui croient sans avoir vu : telle est la béatitude de la foi ! En tout temps et en tout lieu, heureux ceux qui, à travers la Parole de Dieu, proclamée dans l’Église et témoignée par les chrétiens, croient que Jésus Christ est l’amour de Dieu incarné, la Miséricorde incarnée. Et ceci vaut pour chacun de nous !

     Avec sa paix, Jésus donna aussi l’Esprit Saint aux apôtres, afin qu’ils puissent répandre dans le monde le pardon des péchés, ce pardon que seul Dieu peut donner, et qui a coûté le Sang du Fils (cf. Jn 20, 21-23). L’Église est envoyée par le Christ ressuscité pour transmettre aux hommes la rémission des péchés, et ainsi faire grandir le Royaume de l’amour, semer la paix dans les cœurs, afin qu’elle s’affirme aussi dans les relations, dans les sociétés, dans les institutions. Et l’Esprit du Christ Ressuscité chasse la peur du cœur des apôtres et les pousse à sortir du Cénacle pour apporter l’Évangile. Ayons nous aussi plus de courage pour témoigner de la foi dans le Christ Ressuscité ! Nous ne devons pas avoir peur d’être chrétiens et de vivre en chrétiens ! Nous devons avoir ce courage d’aller et d’annoncer le Christ Ressuscité car Il est notre paix, Il a fait la paix à travers son amour, son pardon, son sang et sa Miséricorde.

    

 

16 juin 2013 – Homélie Messe Evangelium Vitae – Année de la Foi

     Le Second livre de Samuel, nous parle de vie et de mort. Le roi David veut cacher l’adultère commis avec la femme d’Urie le Hittite, un soldat de son armée, et pour faire cela, il ordonne de placer Urie en première ligne pour qu’il soit tué dans la bataille. La Bible nous montre le drame humain dans toute sa réalité, le bien et le mal, les passions, le péché et ses conséquences. Quand l’homme veut s’affirmer soi-même, s’enfermant dans son égoïsme et se mettant à la place de Dieu, il finit par semer la mort. L’adultère du roi David en est un exemple. Et l’égoïsme porte au mensonge, par lequel on cherche à tromper soi-même et le prochain. Mais Dieu, on ne peut le tromper, et nous avons entendu comment le prophète dit à David : tu as fait ce qui est mal aux yeux de Dieu (cf. 2S 12,9). Le roi est mis en face de ses œuvres de mort - en vérité ce qu’il a fait est une œuvre de mort, et non de vie -, il comprend et demande pardon : « J’ai péché contre le Seigneur ! » (v.13), et le Dieu miséricordieux qui veut la vie et qui toujours nous pardonne, lui pardonne, lui rend la vie ; le prophète lui dit : « Le Seigneur a pardonné ton péché : tu ne mourras pas ». Quelle image avons-nous de Dieu ? Peut-être nous apparaît-il comme un juge sévère, comme quelqu’un qui limite notre liberté de vivre. Mais toute l’Écriture nous rappelle que Dieu est le Vivant, celui qui donne la vie et indique le chemin de la vie en plénitude.

Jésus rencontre une femme pécheresse durant un repas dans la maison d’un pharisien, suscitant le scandale de ceux qui sont présents : Jésus se laisse approcher par une pécheresse et même lui remet les péchés, disant : « Si ses nombreux péchés sont pardonnés, c’est à cause de son grand amour. Mais celui à qui on pardonne peu montre, montre peu d’amour » (Lc 7,47). Jésus est l’incarnation du Dieu vivant, Celui qui porte la vie face à tant d’œuvres de mort, face au péché, à l’égoïsme, à la fermeture sur soi-même. Jésus accueille, aime, soulage, encourage, pardonne et donne d’une façon nouvelle la force de marcher, redonne vie. Dans tout l’évangile, nous voyons comment Jésus, par les gestes et les paroles, porte la vie de Dieu qui transforme. C’est l’expérience de la femme qui oint avec du parfum les pieds du Seigneur : elle se sent comprise, aimée, et répond par un geste d’amour, se laisse toucher par la miséricorde de Dieu et obtient le pardon, elle commence une nouvelle vie. Dieu, le Vivant, est miséricordieux.

 

27 octobre 2013 – Homélie Messe avec les familles – Année de la Foi

     Le passage de l’Évangile met en évidence deux façons de prier, une qui est fausse – celle du pharisien - et l’autre qui est authentique – celle du publicain. Le pharisien incarne un comportement qui n’exprime pas l’action de grâce à Dieu pour ses bienfaits et sa miséricorde, mais plutôt l’autosatisfaction. Le pharisien se sent juste, il se sent correct, il se rengorge de cela et il juge les autres du haut de son piédestal. Le publicain, au contraire, ne multiplie pas les paroles. Sa prière est humble, modeste, empreinte de la conscience de son indignité, de ses misères : cet homme vraiment admet qu’il a besoin du pardon de Dieu, de la miséricorde de Dieu.

     La prière du publicain est celle du pauvre, c’est la prière qui plaît à Dieu et, qui « parvient jusqu’au ciel » (Sir 35, 20), alors que celle du pharisien est alourdie par le poids de la vanité.

     À la lumière de cette Parole, je voudrais vous demander, chères familles : priez-vous parfois en famille ? Quelqu’un oui, je le sais. Mais beaucoup me disent : mais comment on fait ? Mais, on fait comme le publicain, c’est clair : humblement, devant Dieu. Que chacun, avec humilité, se laisse regarder par le Seigneur et demande sa bonté, pour qu’elle vienne à nous. Mais, en famille, comment on fait ? Parce que la prière semble être une affaire personnelle, et puis il n’y a jamais un moment favorable, tranquille, en famille… Oui, c’est vrai, mais c’est aussi une question d’humilité, de reconnaître que nous avons besoin de Dieu, comme le publicain ! Et toutes les familles ! Nous avons besoin de Dieu : tous, tous ! Nous avons besoin de son aide, de sa force, de sa bénédiction, de sa miséricorde, de son pardon. Et il faut de la simplicité : prier en famille, il faut de la simplicité ! Prier ensemble le « Notre Père », autour de la table, n’est pas quelque chose d’extraordinaire : c’est facile. Et prier le Rosaire ensemble, en famille, c’est très beau, ça donne beaucoup de force ! Et aussi prier les uns pour les autres : l’époux pour l’épouse, l’épouse pour l’époux, tous les deux pour les enfants, les enfants pour les parents, pour les grands-parents… Prier les uns pour les autres. C’est prier en famille, et cela renforce la famille : la prière !

 

14 novembre 2013 – Au Président de la République Italienne, au Palais du Quirinal

     Le moment actuel est marqué par la crise économique qui peine à être surmontée, et dont l’un des effets les plus douloureux est celui d’une disponibilité insuffisante de travail. Il est nécessaire de multiplier les efforts en vue d’en soulager les conséquences et de saisir et renforcer tout signe de reprise.

     Le devoir fondamental qui revient à l’Église est celui de témoigner de la miséricorde de Dieu et d’encourager des réponses généreuses de solidarité pour ouvrir à un avenir d’espérance ; parce que là où croît l’espérance se multiplient également les énergies et l’engagement en vue de la construction d’un ordre social et civil plus humain et plus juste, et de nouvelles potentialités apparaissent en vue d’un développement durable et sain.

     Au cœur des espérances et des difficultés sociales se trouve la famille. Avec une conviction renouvelée, l’Église continue de promouvoir l’engagement de tous, personnes et institutions, en vue du soutien à la famille, qui est le lieu fondamental dans lequel se forme et croît l’être humain, dans lequel on apprend les valeurs et les exemples qui les rendent crédibles. La famille a besoin de la stabilité et de la reconnaissance des liens réciproques, pour accomplir pleinement son devoir irremplaçable et réaliser sa mission. Tandis qu’elle met à disposition de la société ses énergies, elle demande à être appréciée, valorisée et protégée

 

23 novembre 2013 – Rencontre avec les catéchumènes dans la Basilique Saint Pierre – Année de la Foi

     Le désir de Dieu. Ce désir est évoqué par la parole du psalmiste : « Comme un cerf altéré cherche l’eau vive, ainsi mon âme te cherche ô mon Dieu. Mon âme a soif de Dieu, du Dieu vivant : quand viendrai-je et verrai-je le visage de Dieu. » (Ps 42,2-3).

      Comme il est important de conserver vivant ce désir, cette aspiration à la rencontre du Seigneur et de faire l’expérience de Lui, de faire l’expérience de son amour, de faire l’expérience de sa miséricorde !

 

 

 

publié le : 11 février 2014

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