Vie spirituelle

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Chemin de Croix - Madrid JMJ 2011

 CHEMIN DE CROIX
Dans ce temps de prière, nous accompagnerons le Christ, en le suivant pas à pas, jusqu'au Calvaire, où il fut crucifié.
En demeurant près de lui, nous fortifierons notre amour. Nous garderons un profond silence, extérieur autant qu'intérieur, ne laissant aucune pensée étrangère nous détourner de cette contemplation spirituelle. Avec beaucoup d'humilité, reconnaissant que nous sommes indignes de nous tenir « à l'intime de son cœur », demandons-lui la grâce de penser comme lui, de sentir comme lui et de vivre avec lui le mystère du mal qu'il a assumé dans sa propre chair, en payant pour les péchés de l'humanité.
Pensons à tous les jeunes du monde victimes d'injustices, de persécutions, de marginalisations, de mauvais traitements, de la pauvreté, de l'esclavage, d'humiliations… et à tous ceux auxquels Jésus dit qu'ils ne sont pas seuls, qu'il est venu prendre leurs souffrances et qu'il marche à leur côté.

Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger (Mt 11, 29-30).
----- PREMIERE STATION -----
La dernière Cène de Jésus avec ses disciples

Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons, par ta croix tu as racheté le monde.

Puis il prit du pain ; après avoir rendu grâce, il le rompit et le leur donna en disant : « Ceci est mon corps, donné pour vous. Faites cela en mémoire de moi ». Et pour la coupe, il fit de même à la fin du repas, en disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang répandu pour vous » (Luc 22, 19-20).

Avant de prendre le pain entre ses mains, Jésus accueille avec amour tous ceux qui sont assis à sa table, sans en exclure aucun, ni le traître, ni celui qui va le renier, ni ceux qui s'enfuiront. Il les a tous choisis pour être le nouveau peuple de Dieu : l'Eglise qui est appelée à être une.
Jésus meurt afin de rassembler dans l'unité les enfants de Dieu dispersés (Jn 11, 52). Il ne prie pas seulement pour ceux qui sont là, mais encore pour ceux qui accueilleront sa parole et croiront en lui (Jn 17, 20). Parce que l'amour fortifie l'unité, il leur dit : Vous aussi aimez-vous les uns les autres (Jn 13, 34). L'amour fidèle est humble, c'est pourquoi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres (Jn 13, 14).
Unis au Christ, prions pour que sur la terre du Seigneur, l'Eglise vive unie et en paix ; pour que cessent les discriminations et les persécutions à cause de la foi ; pour que ceux qui croient au Dieu unique vivent dans la justice et la fraternité jusqu'à ce que Dieu nous invite à nous asseoir autour de l'unique table du Royaume.


----- DEUXIEME STATION -----
La trahison de Judas

Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons, par ta croix tu as racheté le monde.

Il trempe la bouchée et la donne à Judas, fils de Simon l'Iscariote (Jn 13, 26).
Aussitôt, s'approchant de Jésus, (…) il l'embrassa. Jésus lui dit : « Mon ami, fais ta besogne ». Alors ils s'avancèrent, mirent la main sur Jésus et l'arrêtèrent (Mt 26, 49-50).

Au cours de la Cène, on devine une atmosphère de mystère sacré. Jésus est serein, pensif, souffrant. Il avait dit : J'ai ardemment désiré manger cette Pâque avec vous avant de souffrir ! (Lc 22, 15). Et maintenant, à mi-voix, il laisse échapper sa profonde émotion : Amen, amen, je vous le dis : l'un de vous me livrera (Jn 13, 21).
Judas est mal à l'aise, « au prix de la trahison », il a remplacé le Dieu de l'Amour par l'idole de l'argent. Jésus le voit et détourne son regard. Il retient son attention en lui offrant le pain trempé et en disant : Ce que tu fais, fais-le vite (Jn 13, 27). Le cœur de Judas s'est serré, il est parti compter son argent afin de livrer Jésus par un baiser. Et Jésus, sentant la froideur du baiser du traître, ne lui reproche rien, il l'appelle : Ami.
Si tu sens dans ta chair le froid de la trahison ou la souffrance que provoquent les divisions entre frères et les guerres fratricides, présente-toi à Jésus. En acceptant le baiser de Judas, il a fait siennes toutes les trahisons les plus douloureuses.

----- TROISIEME STATION -----
Jésus est condamné à mort

Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons, par ta croix tu as racheté le monde.

Il mérite la mort (Mt 26, 66).
Alors, il leur livra Jésus pour qu'il soit crucifié (Jn 19, 16).

Y a-t-il de plus grande injustice que de condamner un innocent sans défense ? Un jour, pourtant, le Mal a jugé et condamné à mort l'Innocent. Pourquoi ont-ils condamné Jésus ? Parce que Jésus a sur lui toute la douleur du monde. En prenant notre chair, il a assumé notre humanité et, avec elle, toutes les blessures du péché. Il se chargera de leurs péchés (Is 53, 11), pour nous guérir par le sacrifice de la croix. Homme de douleurs et familier de la souffrance (Is 53, 3), il s'est dépouillé lui-même jusqu'à la mort (Is 53 ,12). Le silence de Jésus est impressionnant. Il ne se justifie pas, il est l'Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde (Jn 1, 29). Fouetté, torturé, sacrifié, il n'ouvre pas la bouche (Is 53, 7).
Dans le silence de Dieu sont présentes toutes les victimes innocentes des guerres qui détruisent les peuples et sèment une haine difficile à guérir. Jésus se tait dans le cœur de beaucoup de personnes qui attendent en silence le salut de Dieu.

 

----- QUATRIEME STATION -----
Le reniement de Saint Pierre

Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons, par ta croix tu as racheté le monde.

Jésus réplique : « Tu donneras ta vie pour moi ? Amen, amen, je te le dis : le coq ne chantera pas avant que tu m'aies renié trois fois » (Jn 13, 38).
Il sortit et pleura amèrement (Lc 22, 62).

Un chrétien doit être courageux. Et être courageux, ce n'est pas ne pas avoir peur, mais c'est savoir vaincre la peur. Le chrétien courageux n'a pas honte de manifester sa foi en public. Jésus a averti Pierre : Simon, Simon, Satan vous a réclamés pour vous passer au crible comme le froment. Mais j'ai prié pour toi (Lc 22, 31). Je te le déclare, Pierre : le coq ne chantera pas aujourd'hui avant que, par trois fois, tu aies affirmé que tu ne me connais pas (Lc 22, 34). Et l'Apôtre, par crainte de quelques domestiques, l'a renié en disant : Je ne le connais pas (Lc 22, 57). Alors que Jésus traverse la cour, il regarde Pierre… Celui-ci sursaute en se souvenant de ses paroles… Il pleure amèrement son reniement. Le regard de Dieu change le cœur, mais il faut se laisser regarder. En regardant Pierre, le Seigneur pose ses yeux sur les chrétiens qui ont honte de leur foi ; sur ceux qui, par respect humain, manquent de courage pour défendre la vie, de son commencement jusqu'à son terme naturel ; sur ceux qui, pour plaire au monde, renoncent à une vie évangélique… Prions pour que, comme Pierre, ils reprennent courage et deviennent des témoins convaincus de ce qu'ils croient.

----- CINQUIEME STATION -----
Jésus est chargé de sa croix

Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons ; par ta croix tu as racheté le monde.

Quand ils se furent bien moqués de lui, ils lui ôtèrent le manteau rouge et lui remirent ses vêtements. Puis, ils l'emmenèrent pour le crucifier (Mc 15, 20).
Jésus portant lui-même sa croix, sortit en direction du lieu dit : Le Crâne, ou Calvaire, en hébreu : Golgotha (Jn 19, 17).

La croix ce n'est pas seulement un madrier. Une croix est tout ce qui rend la vie difficile. Parmi toutes les croix, la plus profonde et la plus douloureuse est celle qui est enracinée à l'intérieur de l'homme : le péché, qui endurcit le cœur et fausse les relations humaines. Car c'est du cœur que proviennent les pensées mauvaises : meurtres, adultères, inconduite, vols, faux témoignages, diffamations (Mt 15, 19). La croix, que Jésus a chargée sur ses épaules pour y mourir, est lourde de tous les péchés de tous les hommes. Les miens aussi. Il a porté nos péchés sur le bois de la croix (1 P 2, 24). Jésus meurt pour réconcilier les hommes avec Dieu et, pour cela, la croix devient « rédemptrice », mais la croix par elle-même ne nous sauve pas : seul le « Crucifié » nous sauve.
La fatigue, l'épuisement, la patience de ceux qui ne trouvent pas de travail, l'humiliation des immigrants qui reçoivent des offres de travail indignes ou inhumaines, leur souffrance devant les attitudes racistes, leur lutte, parfois jusqu'à la mort, pour obtenir une vie plus juste et humaine, tout cela, Jésus l'a fait sien.

----- SIXIEME STATION -----
Jésus tombe sous le poids de la croix

Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons, par ta croix tu as racheté le monde.

C'est par nos péchés qu'il a été broyé (Is 53, 5).
Sur le chemin du Calvaire, Jésus est tombé plusieurs fois sous le poids de la croix (tradition de l'Eglise de Jérusalem).

Les Ecritures ne font pas référence aux chutes de Jésus, mais il est logique qu'il ait, plusieurs fois, perdu l'équilibre. La perte de sang causée par les blessures, les coups de fouet, les douleurs musculaires insupportables, la torture de la couronne d'épines, le poids du madrier …, aucun mot ne peut en rendre compte ! Nous avons tous fait l'expérience d'avoir trébuché et d'être tombé par terre. Avec quelle rapidité nous nous relevons pour ne pas paraître ridicules ! Contemplons Jésus à terre, entouré de la foule et recevant des coups de pied pour qu'il se relève. Mon Dieu, quelle dérision, quelle humiliation ! Le psaume dit : Et moi, je suis un ver, pas un homme, raillé par les gens, rejeté par le peuple. Tous ceux qui me voient me bafouent, ils ricanent et hochent la tête (Ps 21, 7-8).
Jésus souffre avec tous ceux qui trébuchent continuellement sur la même pierre et tombent sans force, victimes de l'alcool, des drogues et d'autres dépendances qui les rendent esclaves, pour qu'appuyés sur lui, et sur ceux qui leur viennent en aide, ils se relèvent.

----- SEPTIEME STATION -----
Simon de Cyrène aide Jésus à porter la croix

Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons, par ta croix tu as racheté le monde.

Pendant qu'ils l'emmenaient, ils prirent un certain Simon de Cyrène, qui revenait des champs, et ils le chargèrent de la croix pour qu'il la porte derrière Jésus (Lc 23, 26).
En sortant, ils trouvèrent un nommé Simon, originaire de Cyrène, et ils le réquisitionnèrent pour porter la croix (Mt 27, 32).

Simon, jeune et fort, revenait de travailler dans les champs. Ils l'obligèrent à porter la croix de Jésus, non par compassion mais par crainte que Jésus meure en chemin. Simon résista, mais l'ordre des soldats était catégorique. Il fut contraint d'accepter. Au contact de Jésus, l'attitude de son cœur changea et il finit par partager la situation de ce condamné inconnu qui portait en silence un poids supérieur à ses faibles forces. Comme il est important pour nous, chrétiens, de découvrir ce qui se passe à côté de nous et de prendre conscience des besoins des personnes qui nous entourent !
Jésus s'est senti allégé grâce à l'aide du Cyrénéen. Des milliers de jeunes, de toute race, de toute condition et de toute croyance, en marge de la société, trouvent, chaque jour, des Cyrénéens qui généreusement soutiennent leur croix et marchent avec eux avec abnégation.

----- HUITIEME STATION -----
Véronique essuie le visage de Jésus

Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons, par ta croix tu as racheté le monde.

Jésus se retourna et dit : Femmes de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi ! Pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants ! (Lc 23, 28). Il le protège et le garde en vie, heureux sur la terre. Seigneur, ne le livre pas à la merci de l'ennemi ! (Ps 40, 3).

Une foule suivait Jésus et un groupe de femmes se frappaient la poitrine et se lamentaient en pleurant. Jésus se retourna et leur dit : Ne pleurez pas sur moi ! Pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants ! Pleurez, non avec des larmes de tristesse, qui endurcissent le cœur et le dispose à produire de nouveaux crimes ; pleurez, avec de douces larmes de supplication, en demandant miséricorde et pardon. L'une des femmes, émue après avoir vu le visage du Seigneur plein de sang, de terre et de crachats, a vaillamment traversé la file des soldats pour arriver jusqu'à lui. Elle a retiré son voile et elle a doucement essuyé son visage. Un soldat l'a repoussée avec violence mais, en regardant le voile, elle a vu l'image du visage ensanglanté et douloureux du Christ. Jésus a pitié des femmes de Jérusalem et, dans le voile de Véronique, il laisse la marque de son visage qui évoque celui de tant d'hommes défigurés par les régimes athées qui détruisent la personne et la privent de sa dignité.

----- NEUVIEME STATION -----
Jésus est dépouillé de ses vêtements

Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons, par ta croix tu as racheté le monde.

Alors ils le crucifient, puis se partagent ses vêtements (Mc 15, 24). De la plante des pieds à la tête, il ne reste rien d'intact (Is 1, 6).

Pendant qu'ils préparent les clous et les cordes pour le crucifier, Jésus reste debout. Un soldat impitoyable s'approche et, en tirant sur sa tunique, la lui arrache. Les blessures recommencent à saigner en lui causant une terrible douleur. Après, ils tirent au sort ses vêtements. Jésus reste nu devant la foule. Comme un objet de raillerie, ils l'ont dépouillé de tout : pas de plus grande humiliation ni de plus grand mépris. Ils l'ont laissé désarmé. Les vêtements ne couvrent pas seulement le corps, il voile ce que chacun porte en soi, son intimité, sa dignité. Jésus a subi cette humiliation parce qu'il s'est chargé de tous les péchés contre la chasteté et la pureté, il s'est offert une seule fois pour enlever les péchés de la multitude (He 9, 28).
Jésus participe aux souffrances des victimes des génocides, là où règnent la violence brutale, le viol et les abus sexuels, touchant des enfants et des adultes. Tant de personnes dépouillées de leur dignité, de leur innocence, de leur confiance dans l'homme !

----- DIXIEME STATION -----
Jésus est mis en croix

Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons, par ta croix tu as racheté le monde.

Lorsqu'on fut arrivé au lieu dit : Le Crâne, ou Calvaire, on mit Jésus en croix, avec les deux malfaiteurs, l'un à droite et l'autre à gauche (Lc 23,33).

Ils avaient conduit Jésus jusqu'au Golgotha. Il n'était pas seul à être crucifié, deux voleurs l'accompagnaient. Là, ils le crucifièrent, et avec lui deux autres, un de chaque côté, et Jésus au milieu (Jn 19, 18). Quelle image symbolique ! L'Agneau qui enlève le péché du monde se fait péché et paie pour les autres. Le grand péché du monde, c'est le « mensonge de Satan ». Jésus est condamné parce qu'il dit la vérité en déclarant qu'il est le Fils de Dieu. Cette vérité est l'argument qui justifie la crucifixion. Il est impossible de décrire ce que Jésus a souffert : physiquement dans son corps suspendu à la croix ; psychologiquement, nu et pendu entre deux malfaiteurs ; affectivement, abandonné des siens.
Jésus sur la croix, tu accueilles la souffrance de tous ceux qui vivent cloués à des situations douloureuses, comme tant de pères et de mères, tant de jeunes qui, par manque de travail, vivent dans la précarité, dans la pauvreté et le désespoir, sans les ressources nécessaires pour maintenir leur famille et pour mener une vie digne.

----- ONZIEME STATION -----
Jésus meurt sur la croix

Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons, par ta croix tu as racheté le monde.

Alors, Jésus poussa un grand cri : « Père, entre tes mains je remets mon esprit ». Et après avoir dit cela, il expira (Lc 23, 46). Quand ils arrivèrent à celui-ci, voyant qu'il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes (Jn 19, 33).

C'était vendredi, le jour de préparation de la Pâque. Pilate autorisa qu'on brise les jambes des condamnés pour accélérer leur mort afin qu'ils ne restent pas pendus durant la fête. Jésus était déjà mort, mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté (Jn 19, 34). Ainsi les Ecritures s'accomplissaient : Aucun de ses os ne sera brisé (Jn 19, 36). Le soleil s'obscurcit et le voile du Temple se déchira en deux. La terre trembla…
C'est un moment de sainte contemplation. C'est un moment d'adoration où nous nous plaçons face au corps de notre Rédempteur, un corps sans vie, brutalisé, torturé, pendu… payant le prix du Mal, du mal que je fais… Seigneur, j'ai péché, prends pitié de moi, pauvre pécheur ! Amen.
Jésus meurt pour moi. Jésus obtient pour moi la miséricorde du Père. Jésus paie pour moi la rançon. Qu'est-ce que je fais pour lui ? Face au drame du handicap qui crucifie tant de personnes, est-ce que je défends la dignité de la personne en répandant et en faisant connaître l'Evangile de la vie ?

----- DOUZIEME STATION -----
Jésus est détaché de la croix

Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons, par ta croix tu as racheté le monde.

Joseph alla trouver Pilate pour demander le corps de Jésus ; Pilate alors ordonna qu'on le lui remit (Mt 27, 58). Joseph prit le corps, l'enveloppa d'un linceul blanc (Mt 27, 59).

Le Christ est mort et il faut le descendre de la croix. Approchons-nous de la Vierge Marie et partageons sa douleur. A quoi penserait-elle ? « Qui me le rendra ? Où lui trouver une place ? » Et voilà qu'elle redisait comme à Nazareth : « Que ta volonté soit faite ! » Elle est maintenant profondément unie au don inconditionnel de son fils, « tout est accompli ». Mais apparaissent Joseph d'Arimathie et Nicodème, qui, bien qu'appartenant au sanhédrin, n'avaient pas pris part à la condamnation du Seigneur. Joseph d'Arimathie avait réclamé à Pilate le corps du Seigneur pour le placer dans un sépulcre neuf, dans un jardin tout près du Calvaire.
En échouant, Jésus a fait siens tous les échecs de l'humanité. Le Fils de l'homme a été éliminé et il a partagé le sort de ceux qui, pour diverses raisons, sont considérés comme le rebut de l'humanité parce qu'ils ne savent pas, ils ne peuvent pas, ils n'ont pas de valeur. Ce sont, entre autres, les victimes du sida, dont les plaies sont une croix et qui attendent que quelqu'un s'occupe d'eux.


----- TREIZIEME STATION -----
Jésus est rendu à sa mère

Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons, par ta croix tu as racheté le monde.

Toi-même, ton cœur sera transpercé par une épée (Lc 2, 35). Que pourrais-je te dire ?
A quoi te comparer Jérusalem ? Comment te consoler, vierge, fille de Sion ? (Lm 2, 13).

Bien que nous soyons tous coupables de la mort de Jésus, dans ces moments si douloureux, la Vierge a besoin de notre amour et de notre présence. Prendre conscience que nous sommes pécheurs et repentants lui est une consolation. Dans une attitude toute filiale, tenons-nous à ses côtés, et apprenons à recevoir Jésus avec la tendresse et l'amour dont elle a reçu dans ses bras le corps supplicié et sans vie de son fils. Y a-t-il douleur semblable à la sienne ?
Et pendant qu'on préparait le corps du Seigneur selon la manière juive d'ensevelir les morts (Jn 19, 40) avant de donner une sépulture, Marie, adorant le mystère qu'elle conservait dans son cœur sans le comprendre, répétait, émue, la parole du prophète : Mon peuple, que t'ai-je fais, en quoi t'ai-je contristé ? Réponds-moi (Mt 6, 3).
En contemplant la douleur de la Vierge Marie, souvenons-nous de la souffrance et de la solitude de tant de pères et de mères qui perdent leurs enfants à cause de la faim alors que les sociétés riches, aveuglées par le démon de la consommation et égarées par le matérialisme, sombrent dans le nihilisme d'une vie sans but.

----- QUATORZIEME STATION -----
Jésus est déposé dans le tombeau

Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons, par ta croix tu as racheté le monde.

Comme le sabbat des Juifs allait commencer, et que ce tombeau était proche, c'est là qu'ils déposèrent Jésus (Jn 19, 42). Prenant le corps, Joseph l'enveloppa dans un linceul neuf, et le déposa dans le tombeau qu'il venait de se faire tailler dans le roc. Puis il roula une grande pierre à l'entrée du tombeau et s'en alla (Mt 27, 59-60).

Parce que la fête approchait, ils se hâtèrent de préparer le corps du Seigneur pour le déposer dans le tombeau offert par Joseph et Nicodème. Ce tombeau était neuf, personne n'y avait encore été placé. Quand le corps fut déposé sur la pierre, Joseph fit rouler la pierre de la porte, fermant ainsi totalement l'entrée. Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas… (Jn 12, 24). Après le bruit de la pierre roulant et scellant l'entrée du tombeau, Marie, dans le silence de sa solitude, étreint l'épi de blé qu'elle porte en son cœur comme prémices de la résurrection.
Cet épi de blé nous fait penser au travail humble et plein de sacrifice de tant de vies données au service de Dieu et du prochain ; elles attendent, mourant à elles-mêmes avec Jésus, de voir les fruits d'une vie féconde. Souvenons-nous des bons Samaritains qui apparaissent partout dans le monde pour soulager les conséquences des catastrophes naturelles : tremblements de terre, ouragans, tsunamis…
 

publié le : 05 novembre 2011

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