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Pourquoi les réactions à la loi Taubira furent si fortes ?

Publiée le 31-08-2013

D'Aymeric Pourbaix dans Famille chrétienne :

"Quelle était la motivation réelle des centaines de milliers de familles qui ont traversé plusieurs fois la France, à l’hiver et au printemps derniers, dépensant une partie de leur budget vacances, piétinant des heures sur le pavé parisien, endurant les insultes, affrontant la solitude jusqu’au sein de leur propre parenté ? Bien plus que le simple fait d’être « contre », de s’opposer à la loi Taubira, comme ont voulu le caricaturer médias et politiques.

Il s’agit bien plutôt d’une libre affirmation, positive, de l’amour humain. Conception qui plonge ses racines dans le tréfonds de la mémoire humaine et, pour les chrétiens, dans la Création. Remarquons au passage que le mariage n’a pas été inventé par l’Église : c’est une des seules réalités à avoir survécu au péché originel et à la chute d’Adam et Ève.

 

Voilà pourquoi les réactions à la loi Taubira furent si fortes : c’est l’identité même de l’être humain, sexué et vivant de la complémentarité homme-femme, qui se trouvait soudain remise en cause.

L’enjeu de ce combat, qui ne fait que commencer, n’est donc ni plus ni moins que le bonheur de l’homme et de la société, incarné dans l’image d’un couple stable, uni, et durable. Bonheur et référence auxquels chacun aspire, sans forcément oser y croire…

Comme le soulignait déjà Paul VI le 4 mai 1970 aux Équipes Notre-Dame, dans un discours remarquable qu’il faut lire et relire : «  Il n’est aucun amour conjugal qui ne soit, dans son exultation, élan vers l’infini, et qui ne se veuille, dans son élan, total, fidèle, exclusif et fécond ».L’Évangile est exigeant, mais libérateur pour les couples. 

Certes, les statistiques du mariage n’incitent guère à l’optimisme. Mais ce n’est pas une raison pour baisser les bras. Au contraire. Il n’en devient que plus urgent d’aller puiser dans la sagesse bimillénaire de l’Église, laquelle consacre et sauve le mariage, blessé comme toutes les réalités humaines, en en faisant un sacrement, lui donnant ainsi l’appui de la grâce. « L’Évangile n’est-il pas une bonne nouvelle aussi pour les foyers, et un message qui, s’il est exigeant, n’en est pas moins profondément libérateur ? », interrogeait encore Paul VI.

Aujourd’hui, la voie exigeante que l’Église propose paraîtra peut-être trop raide à certains, mais c’est cela même qui en fait la valeur. Car l’enjeu est de libérer le mariage du romantisme et de l’individualisme modernes, qui le détruisent de l’intérieur. Et il convient pour cela de maintenir, et même de renforcer, cette exigence lors de la préparation au mariage.

Rappelons aussi qu’avec les funérailles et l’école, le mariage reste l’une des rares grandes voies d’accès à l’Église… Quand une majorité des habitants de ce pays se déclare, pour quelques années encore, de culture chrétienne, il en va donc de la ré-évangélisation de la France."

 

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