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Après la Manif, 1000 veilleurs ont campé près de l’Élysée

Publiée le 28-05-2013

évènement raconté dans Famille chrétienne :

"(...) Vers 1 h du matin, le groupe des veilleurs installé avenue de Breteuil les rejoint pour former un seul groupe compact, sur une place désormais désertée. Ils sont seuls. Un grand silence s’installe.

Soudain, l’un des organisateurs demande au micro avec une excitation mal dissimulée qui serait prêt à se déplacer vers un autre lieu. Des centaines de mains se lèvent, enthousiastes. Il assure qu’ils n’iront pas loin. Après quelques instants, il donne le signal du départ et tout ce monde s’élance à sa suite sur le pont Alexandre III. Il y a quelque chose de stupéfiant dans ce convoi qui s’avance rapidement en silence, étalé sur plusieurs centaines de mètres, dans une direction qu’il ignore même s’il la devine (...) Les centaines de veilleurs se faufilent, vite, à la queue leu leu, le long du Petit Palais dont ils font le tour, arrivent avenue Dutuit, et là, c’est un comité d’accueil policier qui les attend ! Comme un seul homme, l’ensemble des veilleurs s’installe en quelques secondes sur la pelouse la plus proche, à 20 mètres de l’avenue des Champs-Élysées. Il est environ 2 h du matin. Ils n’en bougeront plus jusqu’à 6 h. Ils sont environ mille, peut-être plus.  

Rapidement, les CRS prennent position tout autour de ce nouveau carré compact, qui est assis en direction du palais présidentiel, à 500 m de là. D’autres CRS arrivent, apparemment ce sont des chefs : que faire des importuns ? « Qui est prêt à rester jusqu’à l’abrogation de la loi Taubira ? », demande aux veilleurs l’une des organisatrices : des centaines de mains s’élèvent, en signe d’approbation. Comment déloger un tel nombre de personnes installées en rangs serrés dans un calme absolu, qui chantent L’Espéranceet déclament en pleine nuit sur les Champs un chapitre de Saint-Exupéry ? « Nous avons nos chances,poursuit-elle, étant donné le nombre de personnes qui ont été arrêtées ce soir, il n’y a probablement plus de place pour des gardes à vue ! » Ils pourront rester. Tout au long de la nuit, des groupes de CRS prendront la relève… (...)

Ils ont tous les âges, tous les styles. Il y a des pères, des mères, des enfants, des étudiants, de jeunes couples, des prêtres. Un homme se tient à genoux toute la nuit en priant le chapelet, luttant ardemment contre le sommeil et toujours vainqueur(...)

Vers 5 h 45, un officier parlemente avec les organisateurs et leur indique qu’il va désormais falloir se disperser. « C’est un moment difficile », explique l’une des organisatrices aux veilleurs. « Qui parmi vous est prêt à rester encore ? »,précisant : « il y aura des sommations… » Ils sont encore deux cents ou trois cents, à cette heure, et leurs mains s’élèvent une nouvelle fois sans hésiter. Vers 6 h 10, les sommations arrivent : personne ne bouge. Les CRS « engagent » alors les « opérations » et délogent les veilleurs, un à un, sans ménagement lorsque ceux-ci ne se laissent pas faire. « Vous n’avez rien fait de mal, mais vous devez partir », leur glisse l’un des CRS. Ils ne seront pas arrêtés, mais reconduits, sous bonne escorte, jusqu’au métro le plus proche. Jusqu’à leur prochaine veillée."

 

 

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