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Attaque « terroriste » contre un lobby pro-famille à Washington D.C.

Publiée le 18-08-2012

     En avez-vous entendu parler dans les journaux télévisés ? La grosse presse multiplie-t-elle les dénonciations et les protestations comme elle l’aurait fait si un « militant chrétien » avait tiré sur un garde du Planning familial aux Etats-Unis avec l’intention de le tuer ? Bien sûr que non ! Le FBI a pourtant qualifié l’acte de « terrorisme domestique ».

     Floyd Lee Corkins II (photo) a été inculpé jeudi pour tentative de meurtre aux Etats-Unis pour avoir ouvert le feu la veille sur un gardien-appariteur (non-armé) travaillant au siège d’une organisation chrétienne conservatrice à Washington. Le gardien a été touché au bras avant de parvenir à maîtriser l’agresseur avec l’aide de plusieurs personnes présentes au Family Research Council (FRC), une organisation qui défend les valeurs familiales traditionnelles et s’oppose en particulier à l’avortement et au mariage homosexuel.

     Personne ne parle non plus d’un « commando anti-avortement » ou d’un « extrémiste » des droits homosexuels, alors que Corkins a été arrêté en possession de plusieurs armes, selon diverses sources, dont un pistolet semi-automatique et 50 cartouches. L’AFP signale qu’il s’agit d’un « ancien bénévole » d’organisations LGBT (lesbiennes, gay, bi, trans) : la presse américaine affirme de manière plus précise que cet homme de 28 ans travaillait depuis six mois dans une association d’aide aux homosexuels de Washington : le DC Center for the LGBT Community.

     Corkins portait également un sac de quinze sandwiches de Chick-a-Fil, une chaîne dont les prises de position pour la famille traditionnelle de sa direction ont provoqué un appel au boycott de la part d’organisations gays. L’entreprise fait partie des bienfaiteurs du FRC – ayant donné 1 000 dollars il y a plusieurs années…

     La motivation idéologique de Corkins est attestée par le fait qu’il a fait irruption dans le hall d’entrée du Family Research Council en disant son opposition à la politique de l’association qui a été qualifiée de « groupe haineux » et taxée d’homophobie par diverses associations de gauche pour son opposition au « mariage » homosexuel. Il aurait également lancé au gardien, après l’avoir touché : « Je n’ai rien contre toi, mais contre ce que cet endroit représente. »

De nombreuses organisations homosexuelles, ainsi que Barack Obama et Mitt Romney, ont condamné l’agression.

Mais la presse reste discrète et même aux Etats-Unis l’incident ne reçoit qu’une fraction de la couverture assurée aux agressions contre des centres d’avortement ou de planning familial, même lorsqu’aucune violence physique n’est à déplorer.

Lors de la Marche pour la Vie à Washington en 2009, à laquelle j’ai eu le privilège d’assister, j’ai visité le FRC. Il a été fondé en 1981 à l’initiative de James Dobson, militant chrétien, et s’est installé dans une imposante bâtisse au cœur de Washington en 1983, pour jouer un rôle de lobbying pro-famille au plus près du pouvoir. Il fait travailler de nombreux experts sur les conséquences de l’avortement, du divorce, de l’homoparentalité, agissant grâce aux donations d’entreprises et de chrétiens « conservateurs ». Il participe à la coordination des initiatives pro-vie et pro-mariage et fournit une documentation de premier plan. Exemple d’efficacité américaine qui voit l’utilité de professionnaliser le combat contre les entreprises de la culture de mort, financées, elle, à coups de millions.

Tony Perkins
Son directeur, Tony Perkins, a déclaré lors d’une conférence de presse que l’appariteur blessé, Leo Johnson, était un « héros ». Tout en saluant la condamnation de l’agression par les organisations pro-gay, il leur a demandé de mettre fin à la « surenchère rhétorique » qui a contribué à provoquer l’incident. Il a notamment demandé que le Southern Poverty Law Center, qui a qualifié FRC d’« organisation de haine », soit tenu responsable pour son rôle.

Jeanne Smits - 18.8.2012

 

 

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