Avortement : pressions sur la Pologne



Les fameux propos du vice-premier ministre Polonais sur l'avortement ont été condamnés par la Commission européenne, qui a rappelé son opposition à toute discrimination (sauf, manifestement, la discrimination à l'égard des embryons...). Le chef du gouvernement polonais, Jaroslaw Kaczynski, a réagit à son tour :

"Giertych est allé trop loin. Ses propos ne reflètent pas la position de notre gouvernement"

Il a indiqué qu'il allait convoquer son ministre dans le courant de la semaine et qu'il n'était pas favorable à une modification de la loi polonaise :

"je crois que l'Etat ne peut contraindre une femme à donner naissance après un viol."

Mais, selon Marek Migalski, politologue à l'Université de Silésie de Katowice,

"Giertych a joué de manière intelligente (...). Il tente de faire passer Kaczynski pour un libéral et de rallier les ultra-conservateurs derrière lui. Mais Kaczynski va le conserver au gouvernement car il a encore besoin de lui."

Au-delà de cette affaire, e-deo, qui rapporte ces propos, fait remarquer que la Pologne est soumise à une pression très forte des lobbies pro-avortement et anti-famille. Néanmoins, selon plusieurs sondages, 20% des Polonais souhaiteraient un "durcissement" de la loi, c'est à dire à interdire l'avortement y compris après un viol, car extrêmement rare, mais agité comme un drapeau par le lobby pro-mort, le viol étant très rarement suivi d'une fécondation.

Le Salon Beige - 7.3.2007