Zapatero contre Benoît XVI


par Patrice de Plunkett - Journaliste, Ecrivain

Benoît XVI sera à Valence (Espagne) les 8 et 9 juillet prochain, à l'occasion de la Vème Rencontre mondiale des familles. Le 8, il rencontrera M. José Luis Rodriguez Zapatero, chef du gouvernement espagnol... Or les organisations militantes gay ont appelé à une manifestation contre le pape, au même moment, dans les rues de Valence. Et d'après les journaux de Madrid, cette manifestation gay sera subventionnée par... le gouvernement de M. Zapatero ! Cette bizarrerie appelle plusieurs réflexions.

1. Le « zapatérisme » est l'exemple-type de ce que devient la gauche occidentale. Ralliée au libéralisme depuis quinze ans, elle a renoncé à changer la politique et l'économie, et elle s'est installée sur le terrain des « nouvelles moeurs ». Un peu comme si le sexuel, nouvel opium du peuple, était là pour faire oublier le chômage et les délocalisations... problème auquel la gauche-de-gouvernement ne souhaite plus s'affronter. Depuis que les représentants du PS français rencontrent ceux du Medef à la Gay Pride, les nouvelles moeurs servent d'ailleurs de dénominateur commun. Elles font partie du « marché des comportements », expression commerciale du matérialisme mercantile occidental...

2. En Espagne, la confrontation entre les évêques et le gouvernement est un signe des temps : seule l'Eglise catholique se permet encore de dire qu'elle désapprouve l'extension du mariage aux homosexuels. Mais on le lui reproche avec violence, comme si elle n'avait pas le droit d'avoir son propre point de vue ! Ce reproche frise l'intolérance. Or il a le soutien des médias et de très nombreuses personnalités politiques : la majorité des parlementaires en Espagne. (Et la quasi-totalité de la classe politique en France). Il n'est donc pas excessif de s'inquiéter pour l'avenir de la liberté d'expression. A quand des poursuites judiciaires pour « homophobie » contre le président de la conférence épiscopale espagnole, et même contre Benoît XVI ?

3. Car on taxe aujourd'hui d'homophobie le simple attachement à la notion classique du mariage (un homme + une femme, pour faire des enfants). Si les gays mobilisent contre la visite du pape à Valence, c'est parce que celui-ci a réaffirmé, le 20 mai, devant le nouvel ambassadeur espagnol auprès du Saint Siège, « le droit à naître et à vivre dans une famille, sans que celle ci soit supplantée ou diminuée par d'autres formes ou institutions différentes ». Benoît XVI a précisé qu'il allait venir à Valence pour « célébrer la beauté et la fertilité de la famille fondée sur le mariage, sa très haute signification et son imprescriptible valeur sociale ». C'est ce que tous les papes disent : mais, aujourd'hui, la classe politico-médiatique juge cette parole insupportable. (C'est pourquoi le Parlement européen a « fusillé » l'ex-futur-commissaire Buttiglione, quand celui-ci a avoué partager l'avis du pape).

Source : Blog de Patrice de Plunkett