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Déclaration de la Famille missionnaire l’Evangile de la Vie, sur la gravité des enjeux sociétaux actuels et les réponses que pourraient y apporter les chrétiens et tous les hommes qui cherchent la vérité. - 23 septembre 2012

 « Nous devons nous demander
quelle vision de l’homme
nous sommes en mesure de proposer
aux nouvelles générations »
Benoit XVI, le 13 mai 2012 

 

Déclaration de la Famille missionnaire l’Evangile de la Vie


A l’invitation de l’abbé Hubert Lelièvre, fondateur de la Famille Missionnaire l’Evangile de la Vie, se sont réunies à Bollène les 22 et 23 septembre 2012 plusieurs personnalités engagées dans les champs universitaire, associatif, médiatique ou ecclésial, appelées à réfléchir sur la gravité des enjeux sociétaux actuels et les réponses que pourraient y apporter les chrétiens et tous les hommes qui cherchent la vérité.

Une situation alarmante

Le mal qui ronge nos démocraties postmodernes est un « relativisme culturel qui se révèle dans sa nature comme un système favorable à la décadence et à la dissolution de la raison et des principes de la loi morale naturelle  ». Le contexte actuel est celui de « la fin d’une époque » et d’une « incertitude pour les temps nouveaux qui pointent à l’horizon ». Aussi devons nous avoir conscience que les problématiques contemporaines « sont sans commune mesure avec les thématiques des siècles passés  ».

Système dominant et monopolistique, le relativisme éthique postule que toutes les conceptions du bien, tous les choix moraux concernant la vie de l’homme, se valent et sont soumis à des orientations variables et transitoires. L’éthique est absolument autonome, émancipée de toute catégorie morale fondamentale et de tout invariant anthropologique. Nous sommes dans une crise du fondement, une crise de l’universalité aussi, puisqu’aucune valeur commune ne peut rassembler les hommes ultimement.

Nous nous retrouvons ainsi dans une situation de positivisme juridique qui détache la loi de tout fondement éthique et rationnel ou dans le meilleur des cas réduit la raison à un rôle purement instrumental ou procédural pour déterminer les normes éthiques, juridiques et législatives.

Le besoin naturel de nouer avec ses semblables des relations de coopération intense pour rechercher la vérité est étouffé. L’indétermination éthique à laquelle est réduit le sujet contemporain peut alors conduire la société aux pires démesures. Nous abandonnons tout travail de la conscience. Benoît XVI va jusqu’à évoquer une apathie et un dégoût de l’intelligence : « Dans la phase actuelle de la sécularisation appelée post-moderne (…), non seulement le refus de la tradition chrétienne grandit, mais l’on se méfie également de la capacité de la raison à percevoir la vérité, on s’éloigne du goût de la réflexion  ».

Un des symptômes les plus alarmants de cette mentalité relativiste et positiviste est la désintégration que sont en train de subir des concepts aussi fondamentaux pour la civilisation que ceux de personne, de famille et de dignité avec des effets redoutables sur le respect de la vie humaine, la protection de l’institution du mariage ou la liberté d’éducation des parents.

Le premier devoir requis de notre part est un devoir de lucidité : « Pour qui regarde avec réalisme notre monde d’aujourd’hui, il est manifeste que les chrétiens ne peuvent plus se permettre de mener leurs affaires comme avant. Ils ne peuvent ignorer la profonde crise de la foi qui a ébranlé notre société, ni même être sûrs que le patrimoine des valeurs transmises par des siècles de chrétienté, va continuer d’inspirer et de modeler l’avenir de notre société  ».

Pour autant, reconnaître la gravité de la situation ne doit pas nous conduire à la désespérance. Comme vient de le rappeler avec force le Saint-Père aux évêques français, les maîtres mots face « aux défis d’une société sécularisée » doivent être « courage », « optimisme », « audace » et « inventivité  ».

La voix de la raison

Laïcs et pasteurs, nous sommes convoqués à prendre la parole dans l’espace public pour promouvoir la justice et le bien commun, en particulier quand des pratiques ou des lois risquent d’attenter à la vie des plus vulnérables. Cette parole doit être respectueuse mais sans compromis. Ajoutons qu’elle doit être compétente. Nous rappelons à ce titre l’insistance du bienheureux Jean-Paul II sur le rôle particulier des intellectuels catholiques « appelés à se rendre activement présents dans les lieux privilégiés où s'élabore la culture, dans le monde de l'école et de l'université, dans les milieux de la recherche scientifique et technique, dans les cercles de création artistique et de réflexion humaniste. Nourrissant leur inspiration et leur action à la pure sève de l'Evangile, ils doivent s'employer à favoriser une nouvelle culture de la vie, par la production de contributions sérieuses, bien informées et susceptibles de s'imposer par leur valeur à l'attention et au respect de tous ».

Bâtir des lieux rayonnants

Au-delà de cet éclairage de la conscience, nous pensons qu’il nous faut bâtir des « lieux » rayonnants dans notre monde. Nous nous sentons fortement interpellés par Benoît XVI qui nous demande d’être des « minorités créatives  » et d’« avoir le courage de créer des îlots, des oasis, puis de grands terrains de culture catholique, dans lesquels vivre le dessein du Créateur  ». Pour y répondre, nous pensons que l’éducation est le grand défi de notre temps selon la lettre-programme de Benoît XVI sur le devoir urgent de la formation des nouvelles générations . A côté du monde scolaire et universitaire, nous souhaitons insister en particulier sur la nécessité de créer des lieux de formation de qualité pour les professionnels de santé afin de respecter leur « droit fondamental à la formation et à une pratique professionnelle selon leur conscience  ». 

 


« Ouvrir à nouveau les fenêtres sur le vaste monde de Dieu » (Benoît XVI aux députés allemands)

Enfin, nous pensons avec Benoît XVI que la question du retour de Dieu dans la cité des hommes est aujourd’hui « la question des questions  ». Comme l’a rappelé le Saint-Père dans son discours au Parlement allemand, c’est « sur la base de la conviction de l’existence d’un Dieu créateur se sont développées l’idée des droits de l’homme, l’idée d’égalité de tous les hommes devant la loi, la connaissance de l’inviolabilité de la dignité humaine en chaque personne et la conscience de la responsabilité des hommes pour leur agir (…). Dans la conscience de la responsabilité de l’homme devant Dieu et dans la reconnaissance de la dignité inviolable de l’homme, de tout homme, cette rencontre a fixé des critères du droit, et les défendre est notre tâche en ce moment historique ».

La tentative de modeler la cité en faisant abstraction de Dieu nous conduit aujourd’hui au bord de l’abîme. « La fermeture idéologique à l’égard de Dieu et l’athéisme de l’indifférence qui oublient le Créateur et risquent d’oublier aussi les valeurs humaines se présente aujourd’hui comme l’un des plus grands obstacles au développement. L’humanisme qui exclut Dieu est un humanisme inhumain  ». Il n’y aura pas d’édification de la civilisation de l’amour et de la vie en France et en Europe sans nouvelle évangélisation.

A ce titre l’ouverture imminente de l’année de la foi représente une grande espérance, de même que la confiance que nous plaçons en la Providence : « Nous savons qu’en des temps de crise et de bouleversement, Dieu a suscité de grands saints et prophètes pour le renouveau de l’Église et de la société chrétienne ; nous comptons sur sa Providence et nous prions pour qu’il continue de nous guider. Mais chacun de nous, selon son propre état de vie, est appelé à œuvrer pour l’avènement du Royaume de Dieu en imprégnant la vie temporelle des valeurs de l’Évangile. Chacun de nous a une mission, chacun de nous est appelé à changer le monde, à travailler pour une culture de la vie, une culture façonnée par l’amour et le respect de la dignité de toute personne humaine  ».


Appel au jeûne et à la prière pour une conversion du cœur

     « Nous devons … unir nos efforts pour développer une saine anthropologie qui intègre l’unité de la personne… Certaines idéologies, en remettant en cause de façon directe ou indirecte, ou même légale, la valeur inaliénable de toute personne et le fondement naturel de la famille, sapent les bases de la société. Nous devons être conscients de ces atteintes à l’édification et à l’harmonie du vivre ensemble… Nous devons être bien conscients que le mal n’est pas une force anonyme qui agit dans le monde de façon impersonnelle ou déterministe. Le mal, le démon, passe par la liberté humaine, par l’usage de notre liberté. Il cherche un allié, l’homme. Le mal a besoin de lui pour se déployer. C’est ainsi qu’ayant offensé le 1er commandement, l’amour de Dieu, il en vient à pervertir le second, l’amour du prochain. Avec lui, l’amour du prochain disparaît au profit du mensonge et de l’envie, de la haine et de la mort. Mais il est possible de ne pas se laisser vaincre par le mal et d’être vainqueur du mal par le bien (cf. Rm 12, 21). C’est à cette conversion du cœur que nous sommes appelés», disait Benoit XVI au Liban, le 15 septembre dernier. 
     Pour entrer dans l’Espérance, nous implorons le Ciel, pour le sort de notre Humanité et de notre Civilisation, pour l’avenir de nos enfants,  pour le salut des âmes. La Famille Missionnaire l’Evangile de la Vie invite à une journée de jeûne, le 31 octobre prochain, à la prière du Rosaire, le lendemain 1er novembre, en la fête de la Toussaint.
     Prier, agir comme nous le pourrons, c’est permettre à la Lumière de Pâques de resplendir !

 

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 1- Congrégation pour la doctrine de la foi, Note doctrinale concernant certaines questions sur l’engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique, 24 novembre 2002.
2 -  Ibid.
3 - Benoît XVI, Discours à l’Assemblée générale de l’Académie pontificale pour la Vie, 24 février 2007.
4 -  Benoît XVI, Discours lors de la veillée de prière pour la béatification du cardinal John Henry Newman, 18 septembre 2010.
5 - Benoît XVI, Discours aux prélats de la conférence des évêques de France en visite ad limina apostolorum, 21 septembre 2012.
6 - Benoît XVI, Réponses aux journalistes lors du voyage en République tchèque, 26 septembre 2009.
7 -Benoît XVI, Réponses à des questions de jeunes Italiens, 6 avril 2006.
8 - Benoît XVI, Lettre au diocèse de Rome sur le devoir urgent de la formation des nouvelles générations, 21 janvier 2008.
9 - Jean-Paul II, Discours aux participants du congrès international des obstétriciens et des gynécologues catholiques, 18 juin 2001.
10 -  Benoît XVI, Discours à l’Assemblée plénière du Conseil pontifical pour les laïcs, 25 novembre 2011.
11 -  Benoît XVI, Caritas in veritate, 29 juin 2009, n. 78.
12 -  Benoît XVI, Discours lors de la veillée de prière pour la béatification du cardinal John Henry Newman, 18 septembre 2010.


 

 

publié le : 28 septembre 2012

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