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Le Père Marie-Dominique Philippe , grand serviteur de l'Eglise



par Gérard LECLERC, avec l'aimable autorisation de France Catholique 29 aout 2006


La mort du Père Marie-Dominique Philippe - au matin du 26 août au prieuré de St-Jodard (Loire) - est pour nous l'occasion de nous recueillir en faisant mémoire d'un grand et beau serviteur de l'Eglise. Ce religieux de l'ordre de saint Dominique aura, sa vie durant, témoigné, selon sa propre expression, des trois sagesses dont il avait reçu le don : sagesse philosophique d'un disciple d'Aristote rompu aux affrontements modernes, sagesse théologique dans la tradition de saint Thomas, sagesse mystique dans la proximité de saint Jean l'évangéliste. La force intellectuelle, spirituelle du fondateur des Frères de Saint-Jean s'explique par ce profond enracinement ecclésial. N'était-il pas déjà tributaire de l'héritage, dès sa naissance et son baptême, d'une famille chrétienne du Nord, dont les nombreux enfants se consacrèrent presque tous à la vie religieuse ? Nous ne pouvons dissocier son souvenir de celui de son frère Thomas qui fonda l'Arche aux côtés de Jean Vanier. L'exemple de leur oncle, le Père Dehau, fut déterminant pour l'éveil de leur vocation et l'essor de leur pensée. Ils étaient prêts, l'un et l'autre, à répondre aux appels inattendus de l'Esprit à un moment de malaise - et pourquoi ne pas le dire ? - de désarroi dans une Eglise qui, à peine sortie de Vatican II, recevait de plein fouet les effets d'une crise interne alimentée par une crise de civilisation.

Les épreuves n'ont pas manqué au Père Marie-Do comme on l'appelait familièrement. Epreuves d'une maladie acceptée courageusement. Ceux qui ont entendu sa voix brisée mais néanmoins audible grâce au micro qui la faisait vibrer, ne l'oublierons jamais. Epreuve aussi de l'incompréhension ou de l'opposition véhémente. Il acceptait tout sans polémiquer, en sachant s'en remettre à l'autorité légitime, qu'elle s'incarne dans le Père Abbé de Lérins ou dans l'évêque d'Autun. La récompense visible d'une pareille abnégation fut l'essor des "petits gris", les frères et les soeurs, présents aujourd'hui dans bien des diocèses de France mais aussi sur les autres continents. Certains d'entre eux ne se préparent-ils pas à la mission pour d'énigmatiques pays communistes d'aujourd'hui ?

Le Père Marie-Dominique Philippe est resté jusqu'au bout fidèle à l'ordre où il avait prononcé ses voeux. N'est-ce pas sur les conseils de son supérieur général qu'il avait fondé une autre famille, dont le vif essor était un signe de renouveau, alors que les ordres anciens avaient peine à surmonter les ruptures des années 60-70. Il affirmait qu'il ne se serait pas lancé dans pareille aventure - à 60 ans passés ! - si Marthe Robin ne l'y avait vivement encouragé. Comment ne pas se rappeler aussi de sa belle amitié avec Jean-Paul II rencontré avant qu'il ne soit Pape à l'université de Fribourg ? Les deux hommes, philosophes de métier, se comprenaient intimement, et leur connivence fut manifeste durant toutes les années du pontificat.

S'il me faut rappeler un souvenir personnel, ce serait celui du beau rassemblement des jeunes à St-Quentin-sur-Indrois, où le fondateur des "petits gris" donnait l'envoi à ces milliers de visages fervents. Comment ne pas rendre grâce pour tant de fécondité, qui, d'évidence, se prolongera dans le sillage du témoin du Seigneur parmi nous ? Gérard Leclerc La messe des funérailles du Père Marie-Dominique Philippe sera célébrée ce samedi 2 septembre à 10h30 dans la Primatiale Saint-Jean à Lyon. Elle sera présidée par le Cardinal Philippe Barbarin. Dans l'après-midi le père Marie-Dominique sera inhumé au cimetière de Rimont (Saône-et-Loire), dans l'intimité de la Famille Saint-Jean (frères, soeurs et oblats).

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