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Déclaration du Saint-Siège sur la peine de mort - fev 2007


Déclaration du Saint-Siège sur la peine de mort
Au terme du congrès mondial sur la peine de mort (Paris, 1-3 février 2007)

ROME, Dimanche 11 février 2007 (ZENIT.org) - Nous reprenons ci-dessous le texte de la déclaration publiée par le Saint-Siège à l'issue du congrès mondial sur la peine de mort qui s'est déroulé à Paris du 1er au 3 février.

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DÉCLARATION AU CONGRÈS MONDIAL SUR LA PEINE DE MORT
Paris, France, 1-3 février 2007

Monsieur le Président,

Le Congrès de Paris se déroule au moment où la campagne pour l'abolition de la peine de mort a eu à faire face aux défis inquiétants en raison d'exécutions récentes. Les consciences ont été réveillées par le souci d'une plus grande reconnaissance de la dignité inaliénable des êtres humains et de l'universalité et de l'intégralité des droits humains, en commençant par le droit à la vie.

Dans la continuité avec sa pratique lors des deux derniers Congrès, le Saint-Siège saisit cette occasion pour accueillir et pour affirmer de nouveau son soutien à toutes les initiatives visant à défendre la valeur inhérente et l'inviolabilité de toute vie humaine depuis sa conception jusqu'à sa mort naturelle. Dans cette perspective, il attire l'attention sur le fait que l'usage de la peine de mort est non seulement un refus du droit à la vie mais aussi un affront à la dignité humaine partagée par l'humanité tout entière. L'appel du Pape Jean-Paul II, à l'occasion du Jubilé de l'an 2000, à un moratoire sur la peine capitale est toujours présent dans nos esprits. De même, le Pape Benoît XVI a, au cours des derniers mois, élevé plusieurs fois la voix pour appeler à la clémence envers les personnes qui attendent leur exécution.

Tandis que l'Église catholique continue à maintenir que les autorités légitimes de l'État ont le devoir de protéger la société des agresseurs, et que certains États ont traditionnellement inclus la peine capitale parmi les moyens utilisés pour parvenir à cette fin, il est difficilement possible de justifier aujourd'hui le choix d'une telle option. Les États ont à leur disposition de nouveaux moyens «de prévenir de manière efficace les crimes, rendant celui qui a commis une offense incapable de faire le mal - sans lui enlever définitivement la possibilité de se racheter» (Cf. Jean-Paul II, Evangelium vitae, n. 56). De telles méthodes non létales de prévention et de punition «correspondent mieux aux conditions concrètes du bien commun et sont plus conformes à la dignité de la personne humaine» (Catéchisme de l'Église catholique, n. 2267).

Toute décision de peine capitale encourt de nombreux risques: le danger de punir des personnes innocentes; la tentation de promouvoir des formes violentes de revanche plus qu'un véritable sens de la justice sociale; une offense claire contre l'inviolabilité de la vie humaine, en promouvant une culture de la violence et de la mort; et, pour les Chrétiens, il s'agit aussi d'un mépris de l'enseignement évangélique sur le pardon. Ôter la vie ne permet jamais de parvenir à des objectifs estimables pour lesquels les sociétés punissent les délinquants, alors que cela peut apaiser temporairement les appétits de vengeance.

Le Saint-Siège réitère son appréciation à l'égard des organisateurs du Forum et des gouvernements, des groupes et des personnes qui travaillent avec un engagement et une vigueur renouvelés pour abolir la peine capitale ou pour imposer un moratoire universelle dans son application.

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